Ce dimanche, le stade R Premadasa de Colombo, au Sri Lanka, accueille l’une des affiches les plus électriques du sport mondial. Le Pakistan affronte l’Inde dans le cadre de la Coupe du monde T20, une rencontre qui dépasse le simple cadre sportif. Alors que la pluie menace Karachi, c’est une autre forme de tempête que redoutent les supporters pakistanais, partagés entre ferveur nationale et réalisme statistique.
Selon Al Jazeera, l’optimisme habituel a laissé place à une forme de résignation chez les fans des « Verts ». Depuis 2021, le Pakistan n’a remporté qu’une seule victoire en huit confrontations de Coupe du monde T20 face à son voisin et rival. Cette domination indienne pèse lourdement sur le moral des troupes avant l’entrée en lice de l’équipe menée par Salman Ali Agha.
**Une préparation marquée par les tensions diplomatiques**
Au-delà des enjeux sportifs, la rencontre a failli ne jamais avoir lieu. Le Pakistan avait initialement décidé de boycotter le match pour des motifs politiques, avant de revenir sur sa décision après une semaine de négociations avec le Conseil international du cricket (ICC). Ce revirement a été perçu comme une première « victoire » par les fans, bien que les relations entre les deux nations restent glaciales. Sur le terrain, les poignées de main sont désormais évitées et les piques amicales ont été remplacées par des gestes controversés évoquant les conflits armés récents.
**L’analyse lucide des supporters**
À Karachi, l’ambiance est au pragmatisme. Talha Bandayal, étudiant en droit interrogé par nos confrères, estime les chances à « 70-30 en faveur de l’Inde ». Un sentiment partagé par Syed Ahmed Shah, arbitre local, qui dresse un constat sans appel : « L’Inde nous est bien supérieure, pas seulement au cricket mais en tout ». Pour lui, le sport est devenu le miroir de la politique nationale.
Malgré ce pessimisme ambiant, l’analyse technique offre une lueur d’espoir. Les observateurs locaux misent beaucoup sur Usman Tariq, dont le style de lancer et les variations illisibles sont présentés comme l’arme secrète du Pakistan pour tenter de déstabiliser la hiérarchie.
**Un pays à l’arrêt**
Indépendamment du résultat attendu, le pays s’apprête à vivre au rythme de la rencontre. Dès 18h30 (heure locale), la vie s’arrêtera au Pakistan. Des échoppes de thé bondées aux salons familiaux, en passant par les livreurs de repas qui s’arrêteront pour suivre le score, toute la nation aura les yeux rivés sur Colombo. Comme le résume une maxime locale, seuls le cricket et la prière du vendredi ont le pouvoir de suspendre le temps au Pakistan.