Migration: Audition de l’Erythréen arrêté au Soudan

On l’appelle « le général » et il est bien connu des Erythréens. Medhanie Merid est à la tête d’un des plus importants réseaux de trafiquants de migrants, responsable de milliers de traversées en Méditerranée, et donc de milliers de morts. L’Italie a annoncé son arrestation au Soudan, et son extradition vers Rome. Mais depuis sa présentation à la presse, il est apparu que l’homme arrêté ne serait tout simplement pas la bonne personne.

Ce jeune homme prénommé Medhanie doit être entendu par un juge dans la prison de Rebibbia, en banlieue de Rome, pour une « audience de garantie », comme on dit en Italie. Il sera assisté par trois avocats et répétera ce qu’il dit aux policiers italiens depuis son arrestation à Khartoum : qu’il n’est pas Medhanie Merid, ce trafiquant notoire ; il s’appelle Medhanie Tesfamariam, il a fui l’Erythrée vers le Soudan en mars 2015, où il vivait depuis, sans emploi, à Khartoum, avec sa sœur.

Selon la presse italienne, le juge n’a pas statué sur sa demande de liberté provisoire, en attendant que l’accusation présente un dossier d’accusation plus étoffé devant un nouveau magistrat, la semaine prochaine. Il est donc maintenu en détention. Le juge n’a pas statué non plus sur son identité.

D’ailleurs, un réfugié érythréen, qui connaît bien le trafiquant Medhanie Merid pour avoir été l’une de ses victimes, a confirmé que le jeune homme présenté par la police italienne n’était pas le criminel recherché par les polices européennes. Un autre réfugié érythréen, qui fréquentait le jeune homme à Khartoum, parle quant à lui d’un jeune homme sans histoire, qui passait ses journées chez lui, puisque ces derniers temps Khartoum est une ville dangereuse pour les réfugiés érythréens, et ses nuits sur Internet.

Selon de bonnes sources, des écoutes téléphoniques compromettantes seraient des éléments à charge contre lui, ainsi que sa page Facebook. Et le Soudan maintient sa version des faits : il s’agit bien du vrai trafiquant, ont-elles assuré jeudi aux ambassadeurs britanniques et italiens. La voix du jeune homme arrêté doit donc désormais être comparée avec celle du trafiquant placée sur écoutes. Quant à sa page Facebook, elle montre surtout un jeune homme fan du footballeur Lionel Messi.

Face à l’avalanche de témoignages disculpant le jeune homme, les autorités italiennes restent donc prudentes, pour ne pas dire circonspectes. Le ministre de la Justice a simplement fait savoir qu’il fallait « attendre les résultats des vérifications » en cours.

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