Menaces de taxes sur l’Europe : la garantie militaire obtenue par Donald Trump en échange de l’abandon des sanctions

Le bras de fer diplomatique et économique engagé par Washington concernant le statut du Groenland vient de connaître un tournant décisif. Alors que les relations transatlantiques se tendaient autour des ambitions territoriales américaines sur l’île arctique, une rencontre au sommet à Davos a permis de débloquer la situation. L’administration Trump, qui brandissait la menace de lourdes sanctions commerciales contre plusieurs nations européennes, a revu sa position à la suite d’un accord de principe trouvé avec l’Alliance atlantique.

**Un « cadre » d’accord qui éloigne le spectre des taxes**

Le président américain Donald Trump a confirmé avoir établi un « cadre pour un futur accord » concernant le Groenland avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Cette entente a une conséquence immédiate : le retrait pur et simple des menaces de droits de douane qui pesaient sur huit pays européens. Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande, qui risquaient de voir leurs exportations vers les États-Unis taxées à hauteur de 10 %, puis 25 %, échappent ainsi à cette sanction économique.

Selon nos informations, ce revirement s’appuie sur des garanties sécuritaires spécifiques. Mark Rutte a précisé que les pays de l’OTAN allaient « renforcer la sécurité » dans l’Arctique dans le cadre de cet accord. Si Donald Trump a exclu une prise de contrôle par la force, il a néanmoins qualifié les échanges de « très productifs », évoquant un pacte qui concerne « l’ensemble de la région arctique ».

**Le projet « Golden Dome » au cœur des discussions**

Au-delà de la simple coopération, Washington semble intégrer le Groenland dans un dispositif de défense beaucoup plus large. Le président américain a indiqué que les discussions incluaient le déploiement du « Golden Dome », un programme de défense antimissile multicouche annoncé en mai 2025. Ce projet, censé être opérationnel d’ici la fin du mandat de Trump en 2029, prévoit le déploiement d’intercepteurs dans l’espace pour contrer les menaces balistiques et hypersoniques.

Donald Trump a décrit ce rapprochement comme une voie vers un « accord à long terme », insistant sur l’importance de la sécurité et l’accès aux minerais stratégiques. « C’est un accord pour toujours », a-t-il déclaré, bien que les détails techniques précis de ce « cadre » restent pour l’heure confidentiels.

**Inquiétudes sur la souveraineté et réaction locale**

Si l’accord semble satisfaire Washington et le secrétariat de l’OTAN, la question de la souveraineté reste un point de friction majeur. Le Groenland, territoire autonome rattaché au Royaume du Danemark, a rappelé à maintes reprises qu’il n’était pas à vendre. La méthode employée pour parvenir à ce cadre suscite des critiques acerbes parmi les représentants groenlandais.

Aaja Chemnitz Larsen, députée représentant le Groenland au parlement danois, a fermement condamné la démarche : « L’OTAN n’a en aucun cas le droit de négocier quoi que ce soit à notre sujet sans nous ». Elle a souligné l’absence des autorités locales à la table des négociations, qualifiant l’échange entre Trump et Rutte de simple « conversation entre deux hommes » qui ne saurait engager le territoire.

**Un enjeu géostratégique face à la Chine et la Russie**

L’intérêt insistant de la Maison Blanche pour cette île de 56 000 habitants ne se limite pas aux ressources minérales, pourtant abondantes en terres rares. L’objectif affiché est le contrôle stratégique de l’Arctique, une zone où la Russie et la Chine intensifient leurs activités. Moscou et Pékin collaborent notamment au développement de routes maritimes polaires, une dynamique que l’OTAN cherche désormais à endiguer par ce renforcement de sa présence militaire au nord du cercle polaire.

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