Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a adressé cette semaine une mise en garde d’une gravité exceptionnelle aux États membres. L’organisation internationale, confrontée à une crise de liquidités sans précédent, pourrait se retrouver en cessation de paiements dès le mois de juillet prochain. Si le non-paiement des contributions par certains pays est une cause connue, le patron de l’ONU pointe surtout du doigt un mécanisme administratif interne jugé obsolète, qui accélère la chute financière de l’institution.
Dans une lettre consultée par nos confrères d’Al Jazeera, Antonio Guterres décrit une situation d’urgence absolue. L’organisation fait face à la perspective très réelle d’un « effondrement financier imminent ». Le Secrétaire général place les États membres devant une alternative brutale : soit ils honorent immédiatement leurs obligations financières, soit ils acceptent une refonte fondamentale des règles budgétaires qui régissent l’institution.
Un trou financier d’1,57 milliard de dollars
Les chiffres communiqués par le Secrétariat général illustrent l’ampleur du déficit. À la fin de l’année 2025, le montant des arriérés de cotisations atteignait le record de 1,57 milliard de dollars. Cette situation est aggravée par la lenteur des versements pour l’exercice en cours. À la date de jeudi, seuls 36 des 193 États membres avaient réglé l’intégralité de leur contribution pour l’année 2026.
Le budget de fonctionnement de l’ONU repose sur un barème précis prenant en compte le PIB et la dette de chaque nation. Les États-Unis demeurent le premier contributeur avec 22 % du budget de base, suivis par la Chine (20 %). Pourtant, face à la pénurie de liquidités, l’organisation a déjà dû réduire sa voilure : le budget approuvé début janvier pour 2026 s’élève à 3,45 milliards de dollars, soit une baisse de 7 % par rapport à l’année précédente.
Le cycle « kafkaïen » des remboursements obligatoires
Au-delà des simples impayés, Antonio Guterres dénonce une règle comptable spécifique qui paralyse la trésorerie. Selon les statuts actuels, l’ONU est tenue de créditer aux États membres les centaines de millions de dollars de cotisations non dépensées chaque année, même si l’organisation manque de liquidités par ailleurs.
Le Secrétaire général qualifie ce mécanisme de « cycle kafkaïen », expliquant que l’ONU se retrouve « piégée » dans une obligation de « rendre de l’argent qui n’existe pas ». C’est cette rigidité administrative, couplée aux retards de paiement, qui menace de laisser les caisses vides d’ici le milieu de l’été.
Contexte de tensions avec Washington
Cette alerte survient dans un climat diplomatique tendu, marqué par la volonté affichée du président américain Donald Trump de réduire drastiquement les financements alloués aux institutions multilatérales. L’administration américaine a annoncé son intention de se retirer de plusieurs agences onusiennes et a lancé une initiative concurrente, le « Board of Peace », dont l’adhésion permanente est fixée à un milliard de dollars.
Louis Charbonneau, directeur de l’ONU pour Human Rights Watch, a vivement critiqué cette approche, estimant que les gouvernements devraient « travailler ensemble pour protéger l’ONU » plutôt que de financer ce qu’il décrit comme un « club mondial payant ».
Il faut nommer Macky sall à la tête de l’ONU.
Il est prophète des dribles financiers.il saura redresser la barre et régler le defichute