Malgré la multiplication des aides de l’État, le seuil historique franchi par la natalité en Chine

La trajectoire démographique de la deuxième économie mondiale continue de préoccuper les observateurs et les autorités locales. Alors que le gouvernement chinois multiplie les initiatives pour encourager les familles, les dernières données officielles dessinent une réalité statistique complexe, marquant un tournant inédit depuis la fondation de la République populaire au milieu du siècle dernier.

Selon les chiffres communiqués par le Bureau national des statistiques et relayés par l’agence Anadolu, le taux de natalité en Chine a chuté à un niveau historiquement bas en 2024. Il s’établit désormais à 5,6 naissances pour 1 000 habitants. Le volume total de nouveau-nés a reculé à 7,9 millions, soit une baisse de 1,6 million par rapport à l’année précédente. Il s’agit de la diminution la plus marquée enregistrée depuis 2020.

Une contraction démographique persistante

Cette baisse de la natalité a une incidence directe sur la démographie globale du pays. La population totale de la Chine a diminué de 3,4 millions de personnes sur l’année écoulée. Cette contraction marque la quatrième année consécutive de baisse annuelle, portant la population à 1,4 milliard d’habitants. Ces résultats interviennent malgré la volonté affichée par le président Xi Jinping de promouvoir une société « favorable à la natalité ».

Les autorités ont pourtant déployé un arsenal de mesures incitatives, allant des subventions financières à l’extension des congés parentaux. Toutefois, ces politiques publiques peinent pour l’instant à inverser la tendance, confrontées à des changements sociétaux profonds.

Le recul historique des mariages

L’analyse des données révèle une corrélation étroite avec la chute du nombre d’unions. En 2024, la Chine a enregistré son nombre de mariages le plus bas depuis 1980. Seulement 6,1 millions de couples se sont unis, ce qui représente une baisse significative de 20,5 % par rapport à 2023. Parallèlement, le taux de divorce a connu une légère augmentation de 1,1 %.

Plusieurs facteurs structurels expliquent cette dynamique. Le nombre de femmes en âge de procréer diminue, tandis que les jeunes générations tendent à reporter le mariage et la parentalité. Les pressions économiques et sociales restent des freins majeurs, rendant les politiques de relance démographique moins opérantes à court terme.

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