La mise en place d’une nouvelle structure dédiée au développement de l’élevage dans la commune de Ndangalma a rapidement pris une tournure sécuritaire. Réunis en assemblée générale constitutive à Gatte, les acteurs du secteur ont profité de cette tribune pour exposer une réalité alarmante, transformant une rencontre administrative en un véritable plaidoyer pour leur survie physique et économique.
Au cœur des débats, la question de la sécurité des biens et des personnes a éclipsé les enjeux purement organisationnels. Selon nos informations, confirmées par Sud Quotidien, la préoccupation majeure des éleveurs ne réside pas dans l’absence de textes législatifs, mais dans leur application effective sur le terrain. Face à la recrudescence des agressions, la coopérative des éleveurs du Sénégal pour l’amélioration des petits ruminants a formulé une exigence claire envers les autorités judiciaires et étatiques.
Pape Mamadou Diouf, porté à la tête de cette nouvelle entité, a insisté sur la nécessité d’activer le levier répressif maximal prévu par le législateur. « L’État doit appliquer la loi sur la criminalisation du vol de bétail », a-t-il martelé. La revendication porte spécifiquement sur l’exécution des peines de 20 ans de prison ferme contre les auteurs de ces faits. Pour les producteurs, cette rigueur est devenue vitale car le profil des délinquants a évolué : il ne s’agit plus de simples larrons, mais de bandes souvent armées n’hésitant pas à blesser ou tuer les propriétaires qui tentent de défendre leur cheptel.
Outre cet impératif sécuritaire, la rencontre a permis de lister les obstacles structurels qui freinent l’essor de la filière dans la localité. L’accès difficile à l’aliment de bétail et la disparition progressive des parcours du bétail figurent parmi les doléances soulevées. L’objectif affiché par la coopérative reste l’amélioration substantielle de la production laitière et animale, une ambition qui demeure toutefois conditionnée par la sécurisation de l’environnement de production.
Présent lors de cette assemblée, le député Alioune Badara Diouf a reconnu la légitimité de cette colère. L’élus a admis que si l’arsenal juridique existe bel et bien, les dégâts causés par le vol de bétail restent considérables, s’engageant par la même occasion à accompagner la dynamique de structuration initiée par les éleveurs de Gatte.