Libye : Drapeaux verts et slogans de l’ère Kadhafi, l’image marquante des obsèques de Seif al-Islam à Bani Walid

C’est une page de l’histoire libyenne qui semble se tourner dans un climat de haute tension. Trois jours après les événements tragiques survenus à Zenten, la dépouille de Seif al-Islam Kadhafi a été portée en terre ce vendredi. La cérémonie, qui s’est tenue à Bani Walid, dans l’ouest du pays, a largement dépassé le cadre d’un simple adieu familial pour prendre une tournure politique inattendue.

Le choix du lieu n’est pas anodin. Considérée comme un bastion historique des fidèles à l’ancien régime, la ville de Bani Walid a accueilli des milliers de personnes venues assister aux obsèques après la prière du vendredi. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, certains partisans étaient arrivés sur place dès la veille, témoignant de l’attachement persistant d’une partie de la population à la famille de l’ancien guide.

L’atmosphère sur place a rapidement pris des allures de manifestation politique. Sous la surveillance étroite des forces de sécurité déployées pour l’occasion, la foule a défilé dans les rues en brandissant les drapeaux verts emblématiques de l’ère Kadhafi. Des portraits de Mouammar Kadhafi et de son fils ont été levés par les manifestants, qui ont scandé des slogans favorables à l’ancien régime, défiant ainsi l’ordre établi depuis la chute du système en 2011.

**Une enquête ouverte et la thèse du commando**

Alors que l’émotion dominait dans les rues, des questions subsistent sur les circonstances exactes de la mort de l’homme politique. Assassiné mardi à Zenten, Seif al-Islam aurait été la cible d’une opération ciblée. Son avocat français a avancé une précision de taille : selon lui, un commando composé de quatre personnes serait directement impliqué dans l’exécution de cet assassinat.

Face à ces allégations et à la gravité de la situation, le parquet libyen a officiellement ouvert une enquête. L’objectif affiché est d’identifier les auteurs de ce meurtre qui risque de fragiliser davantage le processus de réconciliation nationale.

**Un parcours judiciaire et politique inachevé**

La disparition de Seif al-Islam intervient alors qu’il tentait de revenir au premier plan. Recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l’humanité liés au soulèvement de 2011, il avait connu un parcours tumultueux, passant de la condamnation à mort en 2015 à une amnistie qui lui avait permis de recouvrer la liberté.

Il avait réapparu sur la scène politique fin 2021 en déposant sa candidature à l’élection présidentielle, un scrutin soutenu par l’ONU mais sans cesse reporté en raison des dissensions entre l’Est et l’Ouest libyen. Son inhumation marque la fin brutale de cette tentative de retour, laissant ses partisans et le pays face à de nouvelles incertitudes.

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