Les villages du Kanel visent une infraction pénale précise pour faire annuler le décret d’exploitation de phosphate

Les localités de Séno Palel, Kolel et Gourel Boulbi, situées dans le département de Kanel, traversent une zone de fortes turbulences liée à l’industrie extractive. Alors qu’une société minière a entamé ses activités sur place, les populations locales, organisées en collectif, contestent la légalité même du processus d’installation. Au cœur de leur stratégie de défense figure une attaque frontale contre la véracité des documents administratifs ayant permis la validation du projet.

La mobilisation s’intensifie dans cette partie du nord-est du Sénégal où les habitants dénoncent ce qu’ils qualifient d’« accaparement et d’exploitation abusive » de leurs terres. Regroupés au sein d’un collectif de résistance, les riverains fustigent une extraction de minerais menée, selon eux, dans une opacité totale. Sadou Chérif Daff, coordonnateur de ce mouvement, pointe du doigt l’absence de concertation préalable, laissant les populations sans garanties quant à la préservation de leur cadre de vie face aux engins de chantier.

Le point de rupture entre les communautés et l’entreprise exploitante réside dans un document spécifique. Selon les informations relayées par notre confrère Sud Quotidien, la société minière aurait produit un rapport attestant de la tenue d’une concertation avec les populations locales. Une affirmation que le collectif rejette catégoriquement, qualifiant cette pièce de manœuvre frauduleuse. En réponse, les représentants des villages de Séno Palel comptent porter l’affaire sur le terrain judiciaire en visant l’infraction de « faux et usage de faux ».

Cette offensive juridique a un objectif administratif précis : obtenir l’annulation du rapport provisoire établi par la société, mais surtout le retrait de l’arrêté ministériel qui a délivré le permis d’exploitation sur la base de ces éléments contestés. Pour les manifestants, la procédure est viciée à la base et ne peut justifier la poursuite des travaux.

Au-delà de l’aspect procédural, les craintes environnementales motivent cette levée de boucliers. Des actions de plaidoyer et des pétitions ont été initiées par les ressortissants des villages concernés. Dans une adresse aux autorités, Samba Bocoum a détaillé les risques écologiques majeurs pesant sur la zone. Il évoque une contamination potentielle du sol, menaçant la sécurité alimentaire, ainsi qu’une pollution des ressources en eau douce vitales pour la faune et les humains. La dégradation de la qualité de l’air et l’apparition de maladies respiratoires constituent également des préoccupations centrales pour les résidents qui refusent de voir leur écosystème sacrifié.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire