Les manœuvres navales conjointes entre l’Afrique du Sud et les nations du BRICS, qui se sont achevées le 16 janvier, ne se limitent pas à un simple échange de compétences maritimes. Derrière l’affichage officiel de coopération internationale, un bras de fer interne majeur semble s’être joué au sommet de l’État sud-africain, provoquant l’ouverture immédiate d’une enquête officielle.
Alors que l’opération « Will for Peace 2026 » devait symboliser l’unité du bloc, elle a mis en lumière une possible rupture dans la chaîne de commandement à Pretoria, sur fond de tensions diplomatiques exacerbées avec les États-Unis.
Une insubordination présumée au sommet
Selon les informations rapportées par notre source Al Jazeera, le président sud-africain Cyril Ramaphosa aurait expressément ordonné, le 9 janvier dernier, le retrait de l’Iran des exercices navals. Cette décision intervenait après des avertissements directs de l’administration américaine, dirigée par Donald Trump, soulignant que la présence de Téhéran nuirait gravement à l’image de l’Afrique du Sud.
Pourtant, malgré cette directive présidentielle, trois navires iraniens, dont un destroyer, ont maintenu leur participation aux côtés des forces russes et chinoises au large de Simon’s Town. Les instructions du chef de l’État ne semblent pas avoir été suivies par le ministère de la Défense ou la hiérarchie militaire, créant une situation de fait accompli diplomatique.
La réaction de l’exécutif et la colère américaine
Face à ce qui s’apparente à un défi à l’autorité présidentielle, le bureau de la ministre de la Défense, Angie Motshekga, a confirmé l’ouverture d’une commission d’enquête. L’objectif est d’établir si les instructions du président ont été « mal représentées ou ignorées ». Un rapport est attendu dès ce vendredi pour clarifier les responsabilités.
La réaction de Washington ne s’est pas fait attendre. L’ambassade des États-Unis a accusé l’armée sud-africaine de défier son propre gouvernement pour se « rapprocher de l’Iran », qualifiant cette coopération d’inadmissible alors que Téhéran est accusé de réprimer violemment des contestations internes. L’administration Trump, qui menace déjà les membres des BRICS de tarifs douaniers punitifs, voit dans cet incident une nouvelle preuve d’une posture jugée « anti-américaine ».
Tensions politiques internes
Sur le plan intérieur, l’affaire fragilise la coalition gouvernementale. L’Alliance Démocratique (DA), partenaire de la coalition, a vivement critiqué le ministre des Affaires étrangères, Ronald Lamola, estimant que la politique étrangère du pays a été « sous-traitée » aux caprices de l’armée, exposant l’Afrique du Sud à des risques économiques majeurs.
L’incident survient dans un contexte où l’Inde, présidente actuelle des BRICS, a choisi de se distancier de ces exercices, précisant qu’il s’agissait d’une initiative sud-africaine et non d’une activité institutionnelle du groupe.