L’attitude de Sadio Mané décryptée : La vertu précise que la classe politique devrait copier sur les champions d’Afrique

Le retour de la Coupe d’Afrique des Nations à Dakar, après le triomphe des Lions au Maroc, a déclenché une vague d’euphorie nationale et une séquence de célébrations officielles au Palais de la République. Au-delà des festivités et des décorations prévues pour la bande à Gana Guèye, cette victoire historique sur les terres du Royaume chérifien suscite une lecture plus profonde sur la nature du succès et la récupération politique qui l’accompagne. Dans une tribune publiée par *Le Quotidien*, le journaliste Ibou Fall propose une analyse qui contraste la rigueur des athlètes avec les postures de la classe dirigeante.

La cérémonie d’accueil, orchestrée par le duo à la tête de l’Exécutif, marque une rupture avec les positions passées. L’analyse souligne l’ironie de la situation actuelle où le Premier ministre, figure centrale de l’accueil des champions, se retrouve au premier plan des célébrations, loin de la distance affichée en 2022 vis-à-vis du trophée continental. Cette séquence est perçue comme un moment de gloire internationale indispensable pour le régime, cherchant à capitaliser sur l’aura d’une équipe nationale devenue une référence mondiale.

Au cœur de cette réflexion sur le mérite, l’attitude de Sadio Mané durant la finale retient particulièrement l’attention. L’injonction du capitaine à ses coéquipiers de « jouer comme des hommes » est interprétée non pas comme une simple motivation sportive, mais comme un écho à la philosophie de Rudyard Kipling. Cette référence au célèbre poème *Tu seras un homme, mon fils* sert de base pour rappeler une leçon fondamentale : seul le travail constant et l’humilité paient, loin de la « fanfaronnade » et des « urgents expédients quotidiens » qui caractérisent souvent l’action politique.

Ce sacre obtenu face au Maroc n’est d’ailleurs pas le fruit du hasard ou d’une politique publique récente, mais l’aboutissement d’une longue structuration privée. L’histoire du football sénégalais, rappelée par notre confrère, démontre que la transition de l’amateurisme des années 70 vers le professionnalisme actuel repose sur des initiatives visionnaires. Des structures comme l’école de football Aldo Gentina, puis Diambars et Génération Foot, ont transformé le talent brut en excellence opérationnelle, créant ces « monstres » de travail capables de s’imposer sur la scène internationale.

Les doubles champions d’Afrique incarnent ainsi, selon cette lecture, un modèle de constance et de patriotisme qui précède et dépasse les alternances politiques. Leur parcours, jalonné d’obstacles surmontés par la rigueur, offre un miroir exigeant aux dirigeants : la réussite durable ne s’improvise pas, elle se construit patiemment, souvent loin des projecteurs et des discours de circonstance.

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