Justifier l’enlèvement de Maduro : L’argument de la menace extérieure et le coût de l’opération débattus au Sénat

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a entamé sa déposition devant la commission des affaires étrangères du Sénat pour défendre l’opération menée le 3 janvier dernier. Au cœur des échanges, la justification de l’enlèvement du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro et les implications de cette action controversée sur la scène internationale.

Face aux critiques qualifiant l’intervention de violation flagrante du droit international, le chef de la diplomatie américaine a mis en avant une nécessité sécuritaire impérieuse. Marco Rubio a décrit le Venezuela sous Maduro comme une « base d’opération » active pour la quasi-totalité des compétiteurs et adversaires des États-Unis. Il a spécifiquement pointé les liens présumés de Caracas avec l’Iran, la Russie et Cuba, qualifiant le maintien de l’ancien président au pouvoir de « risque stratégique énorme » non pas à l’autre bout du monde, mais au sein même de l’hémisphère occidental.

Cette situation, jugée intenable par l’administration, avait des répercussions directes sur la Colombie et le bassin des Caraïbes. Selon les déclarations rapportées par Al Jazeera, l’objectif affiché par Washington se décline désormais en trois phases : éviter une guerre civile, normaliser l’industrie pétrolière et aboutir à une transition démocratique stable.

Dans cette optique de transition, Marco Rubio a défendu le choix du président Donald Trump de collaborer avec les structures gouvernementales existantes, y compris la présidente par intérim Delcy Rodriguez, plutôt que de soutenir immédiatement une prise de pouvoir par l’opposition. L’ambition est d’établir des conversations directes avec ceux qui contrôlent actuellement les leviers de l’État.

L’audition a également été marquée par les interventions de la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen. Laissant de côté les considérations juridiques internationales, elle a concentré ses interrogations sur l’impact financier de cette politique. Citant des analystes externes, elle a évoqué un coût estimé à 1 milliard de dollars pour l’opération militaire et le blocus naval en cours, relayant les inquiétudes de ses électeurs quant à l’allocation des ressources face aux priorités économiques domestiques.

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