La publication par le ministère américain de la Justice de milliers de nouvelles pages liées à l’affaire Jeffrey Epstein marque une nouvelle étape dans la compréhension du réseau tissé par le défunt financier. Au-delà de la simple liste de contacts, ces documents, rendus publics en vertu d’une législation récente, dévoilent la nature précise des échanges entretenus avec certaines des personnalités les plus influentes de la planète.
Ces archives, qui comprennent des correspondances électroniques jusqu’ici gardées secrètes, offrent une plongée directe dans le mode opératoire de Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019 alors qu’il attendait son procès pour trafic sexuel de mineures. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le contenu de ces messages met en lumière des interactions spécifiques qui dépassent le cadre des relations mondaines habituelles.
**Des échanges au contenu explicite**
Parmi les éléments matériels exhumés figurent des courriels au ton particulièrement cru. Un message daté de 2013, attribué à Epstein et adressé à l’ancien diplomate français Olivier Colom, décrit une scène sur son île des Caraïbes évoquant un « aquarium plein de filles ». Les documents révèlent également des comparaisons déshumanisantes, l’un des échanges assimilant les femmes à des « crevettes », suggérant de « jeter la tête et garder le corps ».
Les correspondances font également état de sessions décrites comme des « chasses au trésor » ou des « chasses au snipe », termes utilisés dans des échanges datant du début des années 2000. Certains de ces messages contiennent des propos à caractère raciste ou des théories controversées liant l’intelligence à l’ascendance juive, notamment dans un échange impliquant une certaine Masha Drakova.
**Bill Gates et Deepak Chopra cités dans les dossiers**
L’attention se porte particulièrement sur le cofondateur de Microsoft, Bill Gates. Les documents font état d’allégations selon lesquelles le milliardaire aurait tenté de dissimuler une infection sexuellement transmissible à son ex-épouse, Melinda Gates, suite à des relations impliquant des « filles russes ». Bill Gates a fermement nié ces accusations, qualifiant ses rencontres passées avec Epstein d’« erreur » qu’il regrette. De son côté, Melinda Gates a évoqué publiquement la douleur causée par ces révélations.
L’auteur à succès Deepak Chopra apparaît également dans les échanges. Un courriel de 2017 le montre écrivant à Epstein : « Dieu est une construction. Les jolies filles sont réelles ». Face à la polémique, Chopra a utilisé le réseau social X pour nier toute participation à des activités criminelles, affirmant que ses contacts étaient limités.
**La position des autorités fédérales**
Si ces documents mentionnent de nombreuses figures publiques, dont l’ancien président Donald Trump, l’ex-président Bill Clinton ou encore le prince Andrew, le FBI a tenu à préciser la portée juridique de ces éléments. Après examen avec le ministère de la Justice, les enquêteurs fédéraux ont indiqué n’avoir trouvé aucune preuve formelle de l’existence d’une « liste de clients » qui impliquerait directement ces personnalités dans les crimes sexuels d’Epstein.
Cette conclusion ne satisfait pas les représentants des victimes. Plusieurs survivants et proches estiment que la divulgation actuelle reste incomplète et ne répond pas aux exigences de transparence totale attendues pour faire toute la lumière sur les ramifications de ce réseau.