Une nouvelle pièce versée au dossier par le ministère de la Justice des États-Unis met en lumière des échanges inédits impliquant des figures majeures de la scène politique internationale. Un enregistrement sonore, récemment rendu public, capture une discussion entre le financier déchu Jeffrey Epstein et l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, focalisée sur les activités de conseil de l’ex-dirigeant britannique Tony Blair.
Cet élément audio fait partie d’une vaste tranche de documents d’investigation déclassifiés. La conversation entre les deux hommes porte spécifiquement sur les stratégies financières adoptées par les anciens responsables politiques après leur départ du pouvoir. Selon les informations relayées par Al Jazeera, l’échange s’attarde longuement sur les montants perçus par Tony Blair et la structure de ses revenus.
Dans l’enregistrement, Ehud Barak, Premier ministre d’Israël de 1999 à 2001, interroge Jeffrey Epstein sur le « modèle économique » permettant de générer des revenus à partir de contrats gouvernementaux. Il évoque notamment une rumeur concernant un contrat de conseil auprès du gouvernement du Kazakhstan, articulant un montant annuel avoisinant les 11 millions de dollars. L’objectif présumé de ce contrat aurait été d’aider le pays dans ses activités de lobbying auprès d’organisations non gouvernementales ou des Nations Unies.
La réaction de Jeffrey Epstein, décédé en détention en 2019, traduit une forme de scepticisme quant à la destination finale de ces fonds. Le financier affirme entendre parler de « chiffres gigantesques » — évoquant des tranches de 5 à 10 millions de dollars — tout en doutant que la totalité de ces sommes revienne personnellement à l’ancien Premier ministre britannique. « Je ne sais pas si l’argent que Tony reçoit va réellement à Tony ou à quelqu’un d’autre », déclare-t-il dans l’audio, suggérant que Tony Blair pourrait reverser une partie des fonds à des tiers ou des prestataires.
Face à ces révélations, l’entourage de Tony Blair a fermement contesté la teneur des propos tenus dans l’enregistrement. Un porte-parole de son institut a qualifié les chiffres avancés de « n’importe quoi », précisant que ni Epstein ni Barak n’avaient la moindre idée des revenus réels de l’ancien dirigeant travailliste. Concernant le dossier kazakh, le porte-parole a indiqué que les paiements étaient destinés à l’organisation de M. Blair pour rémunérer une équipe chargée de travailler sur des réformes, et non à des fins de lobbying ou de communication.
Cette divulgation intervient alors que Tony Blair est récemment revenu sur le devant de l’actualité diplomatique. Le président américain Donald Trump l’ a en effet désigné comme l’un des membres exécutifs fondateurs du « Conseil de la Paix », une structure chargée de superviser la reconstruction de Gaza. Une nomination qui suscite déjà des réactions contrastées, compte tenu du rôle historique de M. Blair lors de l’intervention militaire en Irak.