Italie : Sommé de choisir entre son poste et le terrain, la réponse radicale d’un international à ses employeurs avant le Mondial

C’est une trajectoire qui défie les standards du sport professionnel moderne. Alors que l’équipe nationale d’Italie s’apprête à faire ses grands débuts en Coupe du Monde T20 contre l’Écosse à Kolkata, l’un de ses joueurs clés arrive en Inde avec un parcours personnel loin des centres de formation d’élite. Entre les exigences du haut niveau et la nécessité de subvenir à ses besoins, la réalité de ce vestiaire tranche avec le glamour habituel des compétitions internationales.

**Une passion plus forte que la stabilité professionnelle**

Crishan Kalugamage, né au Sri Lanka et arrivé en Toscane à l’âge de 15 ans, incarne cette persévérance. Aujourd’hui lanceur (leg spinner) redouté, il mène une existence loin des contrats publicitaires mirobolants. Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, Kalugamage travaille quotidiennement comme pizzaiolo à Lucca, une situation qui l’a souvent placé face à des ultimatums.

La gestion de sa carrière sportive s’est faite au prix de sa stabilité professionnelle. Le joueur confie avoir perdu plusieurs emplois pour pouvoir honorer ses convocations en équipe nationale. Lorsque ses employeurs refusaient de le libérer le dimanche, jour de forte affluence dans la restauration, sa réponse restait invariable : il quittait son poste pour rejoindre le terrain. Une détermination qui l’amène aujourd’hui à réaliser un rêve d’enfant sur la scène mondiale, lui qui effectuait régulièrement des allers-retours de 700 kilomètres pour s’entraîner avec le Roma Cricket Club.

**Une équipe nationale au visage cosmopolite**

Au-delà du cas de Kalugamage, la composition de la « Squadra Azzurra » du cricket reflète une stratégie de mixité assumée. L’effectif de 15 joueurs ne compte aucun athlète né sur le sol italien, bien que plusieurs détiennent le passeport. Le groupe s’appuie sur deux piliers : les résidents de longue date issus de l’immigration, principalement d’Asie du Sud, et des joueurs professionnels évoluant en Australie, en Afrique du Sud ou en Angleterre, qualifiés grâce à leurs origines familiales.

Le capitaine Wayne Madsen, 42 ans, est un vétéran du circuit anglais, tandis que des joueurs comme Harry Manenti évoluent dans la ligue australienne. Cette diversité soulève parfois des interrogations sur l’identité de l’équipe, balayées par le sélectionneur Kevin O’Brien. Ce dernier insiste sur l’attachement culturel des joueurs à l’Italie, soulignant que les joueurs locaux parlent couramment la langue, tout comme une partie des expatriés.

**Un défi sportif majeur**

Sur le plan purement sportif, l’Italie ne vient pas en Inde pour faire de la figuration. Notre rédaction note que la qualification des Italiens s’est faite au détriment de l’Écosse lors des éliminatoires européens, une performance qui avait surpris les observateurs. Versés dans le groupe C aux côtés de nations établies comme l’Angleterre et les Antilles, les hommes d’O’Brien visent une place en Super Eight, espérant reproduire l’exploit de l’Irlande en 2007 qui avait utilisé ce tournoi comme tremplin pour populariser la discipline au niveau national.

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