La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a exprimé vendredi la nécessité pour l’Europe de renouer le dialogue avec la Russie, tout en qualifiant d’« absolument prématuré » un éventuel retour de Moscou au sein du G7. Lors de sa traditionnelle conférence de presse de début d’année, la dirigeante a abordé les enjeux sécuritaires en Ukraine ainsi que les tensions géopolitiques autour du Groenland.
Giorgia Meloni a affiché son soutien à la position du président français Emmanuel Macron, estimant que le moment est opportun pour que l’Europe engage des discussions directes avec la Russie. Selon la cheffe du gouvernement italien, dont les propos ont été relayés par l’agence Anadolu, l’Union européenne risque de voir son influence réduite si elle laisse les négociations se dérouler uniquement avec Kiev. Elle préconise la nomination d’un envoyé unique de l’UE pour échanger avec Vladimir Poutine, afin d’éviter la cacophonie diplomatique et les messages contradictoires qui, selon elle, serviraient les intérêts du président russe.
Concernant le conflit en Ukraine, Rome maintient une ligne stricte : aucun soldat italien ne sera déployé sur le terrain. Giorgia Meloni considère que la meilleure garantie de sécurité pour l’Ukraine réside dans l’article 5 de l’OTAN plutôt que dans l’envoi de troupes ou une coalition de volontaires. Cette position sur la sécurité européenne et la défense du flanc nord intervient dans un contexte où d’autres dirigeants, tels que Keir Starmer et Donald Trump, s’accordent également face à la menace russe et sur la nécessité de renforcer la présence de l’Alliance.
Sur le dossier spécifique du Groenland, la Première ministre a écarté l’hypothèse d’une intervention militaire des États-Unis dans la région, une perspective qu’elle ne soutiendrait pas. Tout en reconnaissant des désaccords ponctuels avec le président américain Donald Trump, elle a réaffirmé la solidité de l’alliance géopolitique entre l’Italie et Washington. Face aux suggestions de prendre ses distances avec les États-Unis, elle a rappelé l’importance des liens commerciaux et stratégiques, soulignant que la géopolitique exige de la constance dans les alliances.