C’est une tribune économique qui s’est transformée en plateforme de résistance diplomatique. Alors que Téhéran accueille la conférence internationale « Iran Corridor 2026 », consacrée aux infrastructures et à l’investissement, le président Massoud Pezeshkian a saisi l’occasion pour définir la ligne rouge de son pays face aux pressions occidentales. Dans un contexte marqué par une recrudescence des tensions avec Washington, le chef de l’État iranien a formulé une réponse qui vise à délégitimer toute intervention extérieure dans les affaires régionales.
**Une fin de non-recevoir aux ingérences extérieures**
S’exprimant ce samedi devant un parterre de décideurs et d’investisseurs, Massoud Pezeshkian a tenu à clarifier la position de Téhéran sur la gestion des crises au Moyen-Orient. Selon les propos rapportés par l’agence Anadolu, le président a affirmé sans détour : « Nous n’avons pas besoin d’un tuteur. Les pays de la région peuvent se réunir et résoudre leurs problèmes. »
Cette déclaration ne doit rien au hasard. Elle pose le principe d’une autonomie régionale stricte, où la sécurité et la stabilité doivent être assurées par les acteurs locaux et non par des puissances lointaines. Pour appuyer cette vision, le dirigeant iranien a cité une liste de partenaires avec lesquels la coopération est jugée essentielle, incluant la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Irak, le Qatar, ou encore les Émirats arabes unis.
**L’ombre de Donald Trump et les tensions intérieures**
Cette sortie intervient dans un climat particulièrement lourd. Vendredi, le président américain Donald Trump, en visite à Fort Bragg, a explicitement soutenu l’idée d’un « changement de régime » en Iran. Cette prise de position américaine survient alors que la République islamique fait face à des manifestations liées à la dégradation de la situation économique.
En réponse indirecte à ces menaces et aux troubles internes, Pezeshkian a insisté sur le fait que « la violence et les effusions de sang ne mènent pas au progrès », ajoutant qu’aucun pays ne tire profit de la guerre. Il a plaidé pour un monde où les nations créent les conditions de la paix pour les générations futures, rejetant la confrontation armée comme solution.
**L’axe Moscou-Téhéran renforcé**
Au-delà du voisinage immédiat, le président iranien a mis l’accent sur les relations stratégiques avec la Russie. Il a qualifié les liens entre les deux pays de « profonds et étendus », assurant que les accords signés lors de la conférence ne resteraient pas lettre morte. « Nous mettrons en œuvre ces accords, nous agirons et nous lèverons rapidement tous les obstacles », a-t-il promis, signalant ainsi que l’isolement diplomatique recherché par l’Occident est compensé par ces alliances alternatives.
**Un dialogue sous haute tension**
La situation diplomatique reste néanmoins volatile. Des discussions indirectes ont eu lieu le 6 février à Mascate, sous médiation omanaise, pour tenter de relancer les négociations sur le nucléaire. Ces pourparlers avaient été suspendus pendant huit mois suite aux affrontements de juin 2025.
Washington maintient une pression maximale, exigeant l’arrêt de l’enrichissement d’uranium et l’inclusion du programme de missiles iranien dans les négociations. Une demande que Téhéran rejette catégoriquement, limitant les discussions au seul dossier nucléaire, comme l’a rappelé la présidence iranienne.