Intervention militaire au Venezuela : La Chine perd un allié stratégique et ses accès pétroliers

L’intervention militaire des États-Unis au Venezuela, marquée par l’arrestation du président Nicolas Maduro le 3 janvier dernier, bouleverse l’équilibre géopolitique et économique de la région. Cette opération de force remet en cause les intérêts stratégiques de la Chine, principal soutien financier de Caracas face aux sanctions américaines.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette action militaire a engendré une incertitude majeure concernant l’avenir des relations sino-vénézuéliennes. Pékin avait élevé ses liens avec Caracas au rang de « partenariat stratégique en toutes circonstances », fournissant un soutien économique vital via des mécanismes de « pétrole contre crédit ». La prise de contrôle des ressources pétrolières par Washington menace désormais directement ces accords et la position de la Chine en Amérique latine, région où elle avait considérablement étendu son influence.

Le Venezuela, détenteur des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde avec 303 milliards de barils, avait fait de la Chine son premier client. Avant le blocus militaire initié en décembre 2025, Pékin absorbait plus de 80 % des exportations pétrolières vénézuéliennes, souvent acheminées indirectement pour contourner les sanctions. Bien que les grandes compagnies d’État chinoises se soient montrées prudentes, des raffineries indépendantes traitaient ce brut, vital pour le remboursement de la dette de Caracas envers la Chine, estimée entre 17 et 19 milliards de dollars.

Les investissements chinois dans le secteur énergétique vénézuélien sont colossaux. Depuis 2007, la Banque de développement de Chine a accordé environ 60 milliards de dollars de prêts, tandis que des géants comme la CNPC et Sinopec détiennent des parts importantes dans des gisements locaux. Face à l’intervention américaine, perçue par les analystes comme un retour à la doctrine Monroe sous la présidence de Donald Trump, Pékin a condamné l’usage de la force et exigé la libération de Nicolas Maduro. Toutefois, la Chine, dont les importations totales dépendent peu du brut vénézuélien, pourrait limiter sa riposte malgré la perte d’influence stratégique dans cette compétition mondiale.

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