Incarcéré à Londres jusqu’en 2027, la mesure extrême annoncée par cet activiste de 22 ans après l’échec de ses premières revendications

C’est un bras de fer qui se durcit au cœur du système pénitentiaire britannique. Alors que la guerre à Gaza continue de susciter des remous bien au-delà du Proche-Orient, la contestation prend une tournure dramatique dans la prison de Wormwood Scrubs, à Londres. Incarcéré depuis plusieurs mois pour des actions directes contre des installations militaires, un jeune militant a décidé d’intensifier son mouvement de protestation, mettant sa vie en jeu pour faire entendre des revendications que les autorités refusent jusqu’ici de considérer.

Umer Khalid, membre du groupe Palestine Action, a indiqué à Al Jazeera qu’il cesserait de s’hydrater à partir de ce samedi. Déjà en grève de la faim depuis treize jours, ce jeune homme de 22 ans ne consommait plus que des liquides enrichis en électrolytes, sucres et sels. Il compte désormais refuser toute forme de boisson, une décision médicale lourde de conséquences, le corps humain ne pouvant survivre que peu de temps sans eau, contrairement au jeûne alimentaire.

**Une escalade face au silence administratif**

Cette décision intervient alors que trois autres prisonniers affiliés au même mouvement ont mis fin à leur grève de la faim ces derniers jours, estimant avoir obtenu des concessions sur leurs conditions carcérales. Umer Khalid, lui, reste déterminé. « La seule chose qui semble avoir un impact, qu’il soit positif ou négatif, c’est l’action radicale », a-t-il transmis depuis sa cellule via un intermédiaire.

Les revendications du détenu sont multiples. Il exige une libération sous caution immédiate, la fin de ce qu’il qualifie de censure au sein de la prison — incluant la retenue de courrier et l’interdiction de visites — ainsi que l’ouverture d’une enquête sur l’implication britannique dans les opérations militaires israéliennes à Gaza. Il réclame également la diffusion d’images de surveillance captées par la Royal Air Force (RAF) au-dessus de l’enclave palestinienne le 1er avril 2024, jour où des travailleurs humanitaires britanniques ont été tués.

**Un profil médical à risque et une détention prolongée**

L’inquiétude est d’autant plus vive que le profil clinique d’Umer Khalid est complexe. Il souffre d’une dystrophie musculaire des ceintures, une pathologie rare entraînant une faiblesse progressive des muscles. Sa famille, interrogée par nos confrères, redoute une dégradation rapide de son état de santé. « Mes premières pensées au réveil vont vers Umer. Certaines nuits, je m’endors en pleurant », confie sa mère, Shabana Khalid, qui peine à obtenir des droits de visite.

Le militant fait partie d’un groupe de cinq activistes accusés d’avoir pénétré par effraction dans la base aérienne de RAF Brize Norton en juin dernier pour y taguer deux avions militaires. L’action, revendiquée par Palestine Action, aurait causé des millions de livres de dégâts. Le gouvernement britannique a par la suite classé le groupe de protestation comme organisation terroriste, une mesure contestée par les défenseurs des libertés civiles.

Le procès d’Umer Khalid n’est fixé qu’en janvier 2027. À cette date, il aura passé un an et demi en détention provisoire, une durée qui excède largement les standards habituels de six mois avant jugement. Face à cette perspective, le jeune homme semble prêt à aller au bout de sa logique, ayant même demandé au personnel pénitentiaire de ne pas intervenir s’il venait à perdre connaissance.

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