Guerre en Ukraine : le plan de paix porté par Washington repose sur deux concessions majeures exigées de Kiev

Les discussions bilatérales entre les États-Unis et l’Ukraine se poursuivent en Floride dans un climat de fortes attentes de part et d’autre. Alors que Kiev insiste sur l’asphyxie économique de Moscou, Washington avance ses propres pions pour tenter de mettre fin à un conflit qui dure depuis plus de quatre ans.

Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, ces pourparlers se déroulent en l’absence des représentants russes. Ces derniers étaient initialement attendus pour des négociations prévues aux Émirats arabes unis, avant que l’éclatement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran ne modifie la donne et le lieu de la rencontre. Côté américain, la délégation dépêchée en Floride est conduite par l’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président Donald Trump.

Avant même l’entame de ce second jour de discussions, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté ses alliés à intensifier les sanctions contre l’économie russe. Son objectif principal cible la « flotte fantôme », ce vaste réseau de pétroliers utilisé par Moscou pour exporter ses hydrocarbures et contourner les restrictions occidentales.

Dans une publication sur ses réseaux sociaux, le dirigeant ukrainien a justifié cette urgence par l’intensification récente des frappes, évoquant le lancement par la Russie de près de 1 550 drones d’attaque, plus de 1 260 bombes aériennes guidées et deux missiles au cours de la seule semaine écoulée. « Les revenus donnent à la Russie un sentiment d’impunité et la capacité de poursuivre la guerre », a-t-il souligné, exigeant que ces navires soient « stoppés et bloqués, et non pas simplement laissés en circulation ». Récemment, la marine française a d’ailleurs saisi en Méditerranée occidentale un pétrolier appartenant à ce réseau clandestin, une opération confirmée par le président Emmanuel Macron.

Si l’Ukraine met l’accent sur le blocage des revenus russes, les États-Unis poussent de leur côté pour un règlement diplomatique direct, alors que la dernière rencontre entre délégations ukrainienne et russe, tenue en février à Genève, n’avait abouti à aucune avancée. Aujourd’hui, le plan de paix promu par Washington inclut deux éléments centraux exigés de Kiev : l’acceptation de concessions territoriales et l’organisation d’une élection présidentielle en Ukraine.

Le mandat de Volodymyr Zelensky étant arrivé à expiration, l’administration de Donald Trump exerce une pression renouvelée pour la tenue d’un scrutin. Bien que la loi ukrainienne interdise formellement l’organisation d’élections en temps de guerre, la présidence ukrainienne a ouvert la porte à cette éventualité. Le chef de l’État a toutefois posé un préalable strict à la tenue de ce vote : la garantie par les États-Unis d’un cessez-le-feu de deux mois, un délai jugé indispensable pour préparer les infrastructures électorales et déployer les garanties de sécurité nécessaires.

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