Le bras de fer institutionnel autour des opérations militaires américaines au Moyen-Orient vient de connaître une étape décisive à Washington. Alors que les tensions sur le terrain atteignent un niveau critique, les élus de la Chambre des représentants se sont prononcés sur les prérogatives présidentielles en matière de conflit armé.
Selon les informations diffusées par Al Jazeera, la Chambre des représentants a rejeté de justesse une résolution sur les pouvoirs de guerre. Ce texte avait pour objectif de mettre un coup d’arrêt à l’offensive menée par le président Donald Trump en Iran et d’imposer une autorisation préalable du Congrès pour toute nouvelle frappe. Le scrutin s’est soldé par 219 voix contre 212 au sein de cette chambre où le camp républicain détient une courte majorité.
Ce résultat intervient au lendemain d’un vote similaire au Sénat, qui avait également repoussé la mesure. Le débat s’articule autour de la Constitution américaine, laquelle réserve au seul Congrès le droit de déclarer la guerre. Si l’exécutif dispose d’une marge de manœuvre pour des actions militaires unilatérales, les experts juridiques soulignent que cette autorité se limite aux situations de légitime défense immédiate. « Donald Trump n’est pas un roi, et s’il estime que la guerre avec l’Iran est dans notre intérêt national, il doit alors se présenter devant le Congrès et plaider sa cause », a déclaré Gregory Meeks, représentant démocrate siégeant à la commission des Affaires étrangères.
Dans le camp opposé, le représentant républicain Brian Mast, président de cette même commission, a publiquement soutenu les initiatives de Donald Trump. Cet ancien démineur de l’armée américaine a affirmé que le président agissait dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles face à une « menace imminente », jugeant que la résolution exigeait en réalité « que le président ne fasse rien ». Parallèlement, la Chambre a approuvé une autre mesure qualifiant l’Iran de principal État parrain du terrorisme.
Sur le terrain, les conséquences de l’attaque surprise lancée samedi dernier par les forces américaines continuent de se faire sentir. L’administration a multiplié les réunions à huis clos au Capitole pour tenter de rassurer les parlementaires. Le bilan humain s’est par ailleurs alourdi avec la mort de six militaires américains ce week-end lors d’une attaque au drone au Koweït, s’inscrivant dans le sillage des récentes tensions qui secouent les pays du Golfe. Face à cette escalade, des milliers de ressortissants américains présents au Moyen-Orient cherchent actuellement à quitter la région, sollicitant massivement l’assistance de leurs représentants pour trouver des vols d’évacuation.