George Floyd : La survivance de la barbarie – Par Dr Babacar Diop

La mort tragique de George Floyd nous rappelle que le XXIe siècle sera aussi marqué par le problème de la ligne de partage des couleurs de peau. La violence du racisme refait surface de manière absurde et inquiétante. Le mythe de la suprématie de la race blanche ne s’effacera pas de si tôt de la planète, malgré les nombreux martyrs du mouvement des droits civiques qui revendiquaient la dignité de l’homme noir.

Je dois rappeler que la question raciale est consubstantielle à la naissance des États-Unis d’Amérique. Durant la lutte pour l’indépendance des colonies, John Adams, futur président qui succédera à George Washington, disait à l’endroit de la métropole britannique : « Nous ne voulons pas être traités comme des nègres ».
Cette déclaration insultante pour les Noirs montre que la nouvelle nation qui naîtra de la Révolution de 1776, malgré les principes de la Déclaration d’indépendance, constitue d’abord un « Etat racial » fondé sur la supériorité raciale. En vérité, l’Amérique constitue une « démocratie pour le peuple des seigneurs ».

Le sang de la liberté et de la dignité ne coule que dans les veines de la race blanche, la « race élue » de Dieu. La dignité humaine n’est accessible qu’au peuple des seigneurs blancs, c’est-à-dire des gens bien nés. C’est pour cette raison que ce peuple des seigneurs, rempli d’orgueil, de vanité et du complexe supériorité se croit toujours détenteur d’un pouvoir absolu sur les Noirs qui ne peuvent dépasser le statut d’esclave ou de simple subordonné. Par conséquent, l’idée de l’égalité humaine n’inclut pas les esclaves et les descendants d’esclaves. Les Noirs et les Indiens continuent aujourd’hui de subir l’esclavage (dans certaines contrées), le racisme et le mépris, malgré les pompeuses célébrations des droits humains. Les Noirs sont victimes d’humiliations et de persécutions en tout genre aux États-Unis, en Chine et en Europe. Pourtant, il ne doit y avoir qu’ une seule humanité habitée par tous les humains, sans distinction de couleur ou de race. Le complexe de la race supérieure, d’où qu’elle vienne, constitue une bêtise inhumaine.

Le moment est venu de reprendre la lutte de Martin L. King, Macolm X, Nelson Mandela, Cheikh Anta Diop et de Léopold S. Senghor pour la pleine dignité et la pleine liberté de l’homme noir.

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16 commentaires

  1. Merçi Dr pour le constat, mais Senghor était un sujet Français. La race noire était juste son cheval de proie pour entrer dans cette académie des seigneur français

  2. Franchement.. il est tant que vous écoutez ce grand monsieur aux bonnes idées..lui au moins il est cohérent et pertinent. Merci Babacar

  3. ICI AU BRÉSIL UN VIEUX DICTON DIT :
    QUAND UN BLANC COURT , IL FAIT DU SPORT MAIS QUAND UN NOIR COURT C’EST UN VOLEUR
    LES NOIRS DE CE PAYS MULTIRACIAL SONT AUSSI STIGMATISÉS
    70% DE CEUX QUI REÇOIVENT LES BALLES DES POLICIERS ,60% DE CEUX QUI ONT UN SALAIRE MINIMUM ET SEULEMENT 3% DES ÉTUDIANTS
    ICI LE POUVOIR EST LA CHASSE GARDÉE DES BLANCS

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