Bien que les termes d’un cessez-le-feu aient été établis pour encadrer les opérations militaires depuis le début du mois d’octobre, la réalité observée sur le terrain dans la bande de Gaza témoigne d’une persistance des affrontements. Entre les incursions au nord et les bombardements ciblés au sud, la situation sécuritaire reste volatile, tandis que la gestion des flux humains au point de passage de Rafah révèle des difficultés logistiques et administratives majeures pour les civils.
**Une trêve marquée par la poursuite des opérations militaires**
Les services d’urgence locaux ont rapporté la mort de deux Palestiniens dans le nord de l’enclave, précisément dans les villes de Jabalia et Beit Lahiya. Les corps des victimes ont été transférés vendredi vers le complexe médical al-Shifa, à Gaza City.
Parallèlement, la situation s’est tendue dans le sud, à Khan Younès. Une frappe aérienne a visé une habitation appartenant à la famille Abu Hatab. Selon les témoignages recueillis sur place, notamment celui du résident Saleh Abu Hatab cité par Al Jazeera, le bâtiment a été évacué trente minutes avant le bombardement, ce qui a permis d’éviter des pertes humaines. L’armée israélienne a justifié cette opération en évoquant des tirs contre ses soldats près de la « ligne jaune », une zone de démarcation et tampon établie par les forces israéliennes dans le cadre de la première phase du cessez-le-feu.
D’après le ministère de la Santé de Gaza, ces incidents s’ajoutent à un bilan qui s’alourdit, avec au moins 574 personnes tuées et 1 518 blessés recensés depuis la mise en place théorique de la trêve.
**Le parcours complexe du retour via Rafah**
Au-delà des opérations militaires, la question de la mobilité reste centrale. Le point de passage de Rafah, unique ouverture vers l’Égypte pour la majorité des deux millions d’habitants, n’a que partiellement rouvert lundi. Jeudi, vingt-et-un Palestiniens bloqués en Égypte ont pu regagner le sud de Gaza, mais le processus est décrit comme particulièrement éprouvant.
Selon les informations rapportées par la correspondante d’Al Jazeera, Hind Khoudary, les voyageurs sont confrontés à des délais de traitement très longs et à un manque de visibilité sur les horaires d’ouverture. Plus préoccupant, des témoignages font état de procédures sécuritaires strictes imposées par les forces israéliennes aux personnes de retour, incluant des interrogatoires, le port de menottes et, dans certains cas, le bandage des yeux. Ces pratiques contredisent les attentes d’une liberté de mouvement réelle espérée par la population civile.
**Des évacuations médicales au ralenti**
Le volet humanitaire de l’accord, censé permettre l’évacuation des blessés graves, peine également à atteindre ses objectifs. Alors que le protocole prévoyait le transfert quotidien de 50 patients accompagnés, seuls environ 30 malades ont pu quitter l’enclave cette semaine. Ce rythme est jugé insuffisant face aux besoins immenses du système de santé local, où 22 hôpitaux sont hors service et où près de 20 000 patients nécessitent des soins à l’étranger.