Selon des informations publiées vendredi par le Wall Street Journal, l’Iran aurait tenté une frappe sans précédent contre la base militaire stratégique de Diego Garcia, opérée conjointement par les États-Unis et le Royaume-Uni dans l’océan Indien. Menée à l’aide de deux missiles balistiques, l’opération aurait échoué mais témoigne d’une escalade significative dans les capacités militaires de Téhéran.
D’après le quotidien américain, qui s’appuie sur des déclarations de responsables américains, aucun des deux engins n’a atteint sa cible. L’un des missiles aurait connu une défaillance technique en plein vol, tandis que le second aurait fait l’objet d’une tentative d’interception par un missile SM-3 lancé depuis un navire de guerre américain. Le succès de cette interception reste cependant incertain. Pour l’heure, ni Washington ni Téhéran n’ont officiellement commenté ces allégations.
Au-delà de son résultat, cette tentative de frappe est stratégiquement majeure. La base de Diego Garcia est située à près de 4 000 kilomètres du territoire iranien, soit le double de la limite de 2 000 kilomètres que l’Iran affirmait publiquement s’être auto-imposée pour son programme balistique. Le simple fait de tenter une telle attaque constitue une démonstration de force, signalant une nouvelle ambition en matière de projection de puissance.
Véritable porte-avions insubmersible, l’île de Diego Garcia est un pilier de la stratégie militaire occidentale dans la région depuis les années 1970, servant notamment de base pour les bombardiers à long rayon d’action.
Cette manœuvre s’inscrirait dans un contexte de tensions extrêmes. Selon la dépêche source, ces tirs interviendraient en riposte à des frappes américano-israéliennes contre l’Iran qui auraient débuté fin février, provoquant de lourdes pertes. En réponse, Téhéran aurait multiplié les attaques contre Israël et des installations militaires américaines dans plusieurs pays du Golfe, d’Irak et de Jordanie.