France : L’imam Ismaïl face à la justice pour apologie du terrorisme

Tenant une audience devant un public nombreux venu le soutenir, l’imam Ismaïl a été jugé mardi soir à Marseille pour « apologie du terrorisme » suite à deux publications sur le réseau social X. Selon l’agence Anadolu, son procès a duré plus de six heures.
Le parquet a requis six mois de prison avec sursis pour l’imam, associé à un bannissement de six mois de la plateforme X, une inéligibilité, une privation de droits civiques de cinq ans, ainsi qu’une inscription au FIJAIT. Une interdiction « à vie » d’exercer en tant qu’imam a également été réclamée, suscitant l’indignation parmi ses soutiens.
Le verdict du tribunal correctionnel de Marseille sera rendu le 30 mai. Pendant l’audience, l’imam Ismaïl a souligné que ses critiques des actions israéliennes à Gaza ne sauraient être confondues avec de l’antisémitisme. Lors de son entretien avec Anadolu, il a exprimé son ressenti face à ce procès difficile.
Les accusations contre lui reposent sur deux publications en particulier: un partage d’Étienne Chouard qualifiant une attaque comme une « légitime défense des Gazaouis » et un commentaire comparant l’armée israélienne à Daech. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), unique partie civile au procès, a cherché à accentuer le poids des accusations.
Selon l’imam, la LICRA a utilisé les attentats touchant la France, pour peindre un tableau peu flatteur. Cependant, il affirme avoir toujours travaillé pour la paix intercommunautaire, comme en témoigne un rabbin présent pour sa décharge.
Ismaïl a ressenti que les réquisitions avaient pour but de le « tuer socialement », estimant que priver un imam de ses fonctions est la seule manière de le faire taire. Il plaide pour une reconnaissance des pertes civiles tant israéliennes que palestiniennes, dénonçant un manque d’équité dans l’audience.
Sous surveillance des autorités depuis plusieurs mois, l’imam Ismaïl fait face à divers chefs d’accusation, dont ses déclarations concernant Gaza et ses prêches prononcés à la mosquée des Bleuets. Face à la fermeture possible de ce lieu de culte, l’imam s’est temporairement éloigné pour en préserver l’ouverture.
Appuyé par de nombreux témoins de soutien, l’acteur clé de la défense des droits des musulmans fait face à une situation de plus en plus récurrente en France avec des procédures visant les voix pro-palestiniennes.