Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce jeudi 29 janvier 2026 dans le dossier financier impliquant la direction du groupe de distribution Casino. Au terme d’une procédure portant sur des accusations de corruption et de délit d’initié, la justice française a prononcé des sanctions pénales contre les anciennes têtes dirigeantes de l’entreprise et un responsable de presse, mettant en lumière des pratiques illégales visant à influencer les marchés.
Jean-Charles Naouri, ancien PDG du groupe, a été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont un an ferme aménagé sous bracelet électronique. Le tribunal a assorti cette peine d’une amende d’un million d’euros. L’homme d’affaires a immédiatement fait savoir, par la voix de sa défense, son intention d’interjeter appel de cette décision.
**Un système de soutien médiatique rémunéré**
Au cœur du dossier figure une convention signée en septembre 2018 entre Jean-Charles Naouri et Nicolas Miguet, patron de presse. Selon les éléments retenus par les magistrats et rapportés par l’agence Anadolu, ce contrat, officiellement présenté comme du conseil, visait en réalité à garantir la publication d’analyses boursières favorables au groupe Casino. Cette opération avait pour but de soutenir le cours de l’action alors que le titre traversait une période de chute critique.
Nicolas Miguet a écopé d’une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, accompagnée d’une amende de 800 000 euros et d’un mandat de dépôt différé. Outre la corruption privée, le tribunal a également validé les charges de délit d’initié concernant la transmission d’informations privilégiées sur le programme de cessions d’actifs du groupe.
**Lourdes sanctions financières pour les entités morales**
La société Casino, aujourd’hui sous le contrôle de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, n’échappe pas aux sanctions. La personne morale a été condamnée à une amende de 40 millions d’euros, dont la moitié avec sursis. Trois autres anciens cadres ont reçu des peines de prison avec sursis et des amendes allant jusqu’à 500 000 euros.
Il est à noter que le tribunal a prononcé une relaxe partielle concernant l’accusation de manipulation de cours par procédés fictifs, estimant que le lien de cause à effet avec l’évolution réelle du titre n’était pas suffisamment démontré. Cette affaire, initiée par des signalements de l’Autorité des marchés financiers (AMF) dès 2020, avait été instruite par le Parquet national financier (PNF) en raison de la gravité des atteintes à la transparence des marchés.