Les crédits alloués à la reconstruction de Mayotte, suite au passage du cyclone Chido, demeurent bloqués en attente de l’adoption du budget 2026 en France. L’examen du texte reprend ce mardi à l’Assemblée nationale dans un climat de forte instabilité politique, faisant peser une incertitude sur les fonds promis à l’archipel.
La situation budgétaire française impacte directement les engagements pris pour l’outre-mer. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, les groupes parlementaires doivent rencontrer la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, pour tenter de trouver une issue après l’échec des négociations de décembre. La commission des Finances a déjà rejeté les volets recettes et dépenses, illustrant les profondes divisions au sein de l’hémicycle. Face à ce blocage, l’exécutif a demandé au ministère de l’Intérieur de se préparer à l’éventualité d’élections législatives anticipées en mars, brandissant la menace d’une dissolution.
Le contexte est aggravé par le dépôt de deux motions de censure par La France insoumise et le Rassemblement national. Cette fronde politique s’articule notamment autour de l’opposition à l’accord de libre-échange avec le Mercosur, un dossier brûlant qui mobilise également la société civile. En effet, des agriculteurs installent un barrage filtrant au port du Havre pour contrer l’accord UE-Mercosur, témoignant de la tension sociale qui accompagne le débat parlementaire. Plusieurs voix, dont celle de l’ancien président François Hollande, suggèrent désormais le recours à l’article 49.3 pour forcer l’adoption du budget sans vote.
Sur le terrain, Mayotte attend toujours la mise en œuvre concrète du plan de refondation de 3,2 milliards d’euros prévu jusqu’en 2031. La députée mahoraise Estelle Youssouffa a pointé du doigt la lenteur administrative, soulignant qu’à peine 7 % des décrets d’application ont été signés un an après la catastrophe. Toutefois, des avancées ont été notées avec l’adoption d’un amendement prévoyant des exonérations de charges pour les entreprises locales dès juillet 2026 et le maintien de 650 millions d’euros d’aides aux entreprises ultramarines, évitant ainsi une baisse drastique des crédits.