France-Italie : Le meurtre d’un militant à Lyon pousse Macron à adresser cette mise en garde publique à Meloni

La mort violente d’un militant d’ultradroite à Lyon a pris une dimension diplomatique inattendue ce jeudi. Alors que l’enquête judiciaire suit son cours en France avec les premières mises en examen, une déclaration de la cheffe du gouvernement italien a provoqué une réaction immédiate d’Emmanuel Macron depuis l’étranger, relançant les tensions latentes entre Paris et Rome.

L’affaire, initialement judiciaire et sécuritaire, s’est déplacée sur le terrain politique international lorsque Giorgia Meloni a commenté le décès du jeune homme de 23 ans, survenu après une rixe en marge d’une manifestation. La Première ministre italienne, figure du conservatisme européen, a qualifié cet acte de « blessure pour toute l’Europe », pointant du doigt la responsabilité de groupes liés à l’extrémisme de gauche.

La réplique cinglante depuis l’Inde

En déplacement officiel en Inde, Emmanuel Macron n’a pas tardé à réagir aux propos tenus par sa voisine transalpine. Interrogé par des journalistes, le président français a exprimé son agacement face à ce qu’il considère comme une ingérence dans les affaires intérieures françaises.

« Je suis toujours frappé de voir comment des gens qui sont nationalistes, qui ne veulent pas qu’on les embête chez eux, sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe dans d’autres pays », a déclaré le chef de l’État. Il a ajouté une consigne explicite : chacun devrait « rester à sa place ».

Relancé pour savoir si cette remarque visait spécifiquement Giorgia Meloni, Emmanuel Macron a confirmé sans détour : « Vous avez bien compris. »

Meloni contre-attaque avec l’histoire des « Années de plomb »

La réponse de Rome ne s’est pas fait attendre. Dans une interview accordée à la chaîne Sky TG24, Giorgia Meloni a d’abord regretté que ses propos aient été perçus comme une interférence, avant de livrer une analyse plus offensive. Elle a établi un parallèle historique avec les « Années de plomb » italiennes (1969-1980), période marquée par les actions violentes des Brigades rouges.

Selon nos informations relayées par Al Jazeera, la dirigeante italienne a souligné que la France et l’Italie connaissent bien ce climat de violence politique, rappelant que Paris a longtemps « donné l’asile politique à la crème des Brigades rouges ». Une référence directe à la doctrine Mitterrand qui a longtemps protégé d’anciens terroristes italiens réfugiés en France, un sujet de friction historique entre les deux nations.

Le volet judiciaire à Lyon

À l’origine de cette passe d’armes diplomatique se trouve la mort de Deranque, décédé des suites de ses blessures après une altercation lors d’une manifestation d’ultradroite le 12 février à Lyon. Le parquet de Lyon a annoncé jeudi des avancées significatives dans l’enquête.

Sept personnes font face à des accusations de meurtre. Parmi les suspects placés en détention provisoire figure Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire d’un député de La France Insoumise (LFI). Il est accusé de complicité par instigation. Le procureur Thierry Dran a précisé que les suspects nient les faits reprochés.

Ce drame intervient dans un climat politique tendu en France, marqué par une polarisation croissante entre l’extrême droite et l’extrême gauche, à l’approche des élections municipales de mars et dans la perspective de la présidentielle de 2027.

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