Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a décidé de porter devant les autorités judiciaires une série de publications diffusées récemment sur le réseau social X. Ces messages, attribués à l’essayiste Alain Soral, établissent un lien direct entre l’affaire du pédocriminel Jeffrey Epstein et une communauté spécifique, motivant une réaction officielle des services de l’État.
Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, qui cite le quotidien Le Parisien, cette démarche s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les discours de haine en ligne. Laurent Nuñez a effectué un signalement auprès de la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, suite à la diffusion de ces textes jugés problématiques.
Au cœur de ce dossier figure un message publié lundi par Alain Soral. L’essayiste y affirme que l’affaire Epstein démontrerait l’existence, « au sommet du monde occidental », d’une « mafia juive suprémaciste et raciste doublement délinquante sur le plan financier et sexuel ». Le texte mettait au défi quiconque d’affirmer le contraire. Une réponse à ce message, émanant d’un autre compte, évoquait également le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) avec la mention « Pas de pitié ».
Cette sortie intervient dans un contexte particulier, marqué par la déclassification fin janvier de milliers de documents judiciaires américains liés à l’affaire Epstein. Comme le souligne Julien Giry, maître de conférences à l’Université de Tours cité par nos confrères, cette actualité a relancé diverses interprétations impliquant des personnalités étrangères et des crimes sexuels présumés.
Alain Soral, de son vrai nom Alain Bonnet, est une figure connue des tribunaux français. Les archives judiciaires rappellent qu’il a déjà fait l’objet de plusieurs condamnations pénales pour des faits liés à la provocation à la haine ou à la négation de crimes historiques.