La tension autour du conflit israélo-palestinien continue de polariser la classe politique française, cristallisant les oppositions entre la gauche radicale et la droite républicaine. Au cœur d’une nouvelle passe d’armes médiatique, le député Aymeric Caron et la cadre des Républicains Shannon Seban ont exposé deux visions diamétralement opposées sur l’attitude à adopter face à l’État hébreu.
L’élément déclencheur de cette confrontation réside dans une initiative de terrain menée par Shannon Seban. L’élue de Rosny-sous-Bois et secrétaire nationale des Républicains a diffusé une vidéo la montrant au contact de militants propalestiniens. Dans cette séquence, elle s’oppose frontalement aux appels au boycott, qualifiant la démarche d’« absurde » et dénonçant une incohérence qu’elle juge discriminatoire. Pour la responsable politique, ces actions relèvent d’une forme d’« antisémitisme », l’amenant à prôner, à l’inverse, la consommation de produits en provenance d’Israël.
C’est en réaction directe à cette prise de position que le fondateur de la Révolution Écologique pour le Vivant (REV) a brisé le silence sur le réseau social X. Loin de tempérer le débat, le député de Paris a lancé une consigne claire aux consommateurs : le boycott des produits israéliens. Pour justifier cet appel, Aymeric Caron a employé des termes particulièrement virulents, qualifiant Israël d’« État voyou et génocidaire ».
Selon les propos relayés par l’agence Anadolu, l’ancien journaliste présente ce boycott non pas comme un acte de rejet, mais comme un « acte politique fort ». Il positionne cette stratégie comme une réponse nécessaire face à ce qu’il considère être l’inaction du gouvernement français et comme un levier de soutien au peuple palestinien, victime selon lui de « crimes majeurs ».
Cette joute verbale intervient dans un contexte humanitaire dramatique. Depuis le début de l’offensive en octobre 2023, les opérations militaires israéliennes ont causé la mort de plus de 71 600 personnes dans la bande de Gaza, majoritairement des femmes et des enfants, et fait plus de 171 300 blessés. Malgré les appels au cessez-le-feu, le bilan continue de s’alourdir, le ministère de la Santé de Gaza rapportant encore récemment 484 nouveaux décès liés à la poursuite des attaques.