France : Au milieu du blocage des textes sécuritaires, l’organisation que les députés ont accepté de cibler par une résolution

L’hémicycle de l’Assemblée nationale française a été le théâtre, ce jeudi, d’une séance particulièrement agitée à l’occasion de la journée d’initiative parlementaire du groupe Les Républicains (LR). Dans un climat marqué par de vives invectives entre la gauche et l’extrême droite, la droite traditionnelle a vu la quasi-totalité de son agenda législatif entravé, à l’exception notable d’un texte symbolique visant une mouvance spécifique.

Cette journée, censée permettre au groupe dirigé par Laurent Wauquiez de mettre en avant ses priorités, s’est soldée par un bilan législatif maigre. Selon l’agence Anadolu, la majorité des textes présentés n’ont pu aboutir, victimes de l’obstruction parlementaire dénoncée par LR et de la polarisation extrême des débats. Cependant, au milieu de ce blocage institutionnel, une résolution a réussi à réunir une majorité de suffrages.

Une adoption symbolique dans un climat de confrontation

Le seul point d’orgue de cette journée pour la droite a été l’adoption d’une résolution appelant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes. Ce texte, bien que dépourvu de portée juridique contraignante, a été validé par 157 voix contre 101. Il a cristallisé les tensions, provoquant de nombreuses suspensions de séance et des rappels au règlement.

Les débats autour de cette résolution ont mis en lumière les fractures idéologiques au sein du Palais Bourbon. Les élus de La France insoumise (LFI) se sont vivement opposés à cette initiative, critiquant l’usage de concepts jugés flous comme le « séparatisme ». À la tribune, la députée insoumise Gabrielle Cathala a contesté la pertinence de ces notions, arguant qu’elles ne reposent sur aucune définition établie en sciences sociales ou en droit international.

L’élue du Val-d’Oise a également pointé du doigt l’invocation du principe de laïcité par les promoteurs du texte, rappelant l’existence d’exceptions légales au cadre de 1905, notamment en Alsace-Moselle et dans certains territoires ultramarins.

Des textes sécuritaires et sociétaux laissés sur le carreau

Si la résolution sur les Frères musulmans a pu être votée, le reste du programme des Républicains a été largement compromis. Faute de temps avant la clôture de la séance, plusieurs propositions phares n’ont pu être examinées ou soumises au vote final. C’est le cas de la proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre en cas d’usage de leur arme à feu, ainsi que d’un texte autorisant le travail le 1er mai dans certains secteurs.

D’autres sujets, pourtant annoncés comme prioritaires par la droite, n’ont même pas atteint le stade de la discussion. Une proposition relative à l’interdiction du port du voile dans l’espace public pour les mineurs a ainsi été écartée de fait par l’avancement lent des travaux. Au final, outre la résolution sur les Frères musulmans, seul un autre texte visant à suspendre la création de nouvelles instances administratives a été adopté, illustrant les difficultés d’un agenda législatif clivant dans une Assemblée fragmentée.

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