Fixant une échéance imminente, Jorge Rodriguez dévoile le plan de libération massive des prisonniers au Venezuela

Une page semble se tourner à Caracas dans un climat politique particulièrement électrique. Alors que le pays traverse une période de transition complexe marquée par de fortes pressions internationales, le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne a pris la parole devant les familles de détenus pour officialiser une mesure d’envergure. Au-delà des promesses habituelles, un calendrier strict a été établi pour la remise en liberté de l’ensemble des prisonniers politiques.

Jorge Rodriguez a fixé une échéance claire et immédiate pour cette opération de clémence. S’exprimant aux abords du centre de détention Zona 7 à Caracas, le frère de la présidente par intérim Delcy Rodriguez a indiqué que le processus devrait s’achever au plus tard le vendredi 13 février. « Nous espérons que, entre mardi prochain et vendredi au plus tard, ils seront tous libres », a-t-il déclaré, affirmant la volonté du gouvernement de « réparer toutes les erreurs » commises durant la période du chavisme.

Cette annonce intervient dans un contexte géopolitique bouleversé depuis le 3 janvier, date à laquelle le président américain Donald Trump a autorisé une opération militaire visant à transférer l’ancien président Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores vers New York pour y être jugés. Depuis cet événement, l’administration Trump maintient une pression constante sur la présidence intérimaire de Delcy Rodriguez, exigeant des avancées sur les droits de l’homme en parallèle des négociations sur le pétrole.

**Une loi d’amnistie aux contours définis**

Le cadre légal de ces libérations repose sur un projet de loi d’amnistie approuvé à l’unanimité par l’Assemblée nationale lors d’un premier vote. Selon les informations relayées par notre source Al Jazeera, cette législation vise à absoudre les personnes accusées ou condamnées pour des faits liés à leurs opinions politiques ou à des manifestations. Sous l’ère Maduro, ces dissidents étaient fréquemment inculpés pour trahison ou terrorisme.

Le texte prévoit également la levée des interdictions d’éligibilité pesant sur des figures de l’opposition, notamment Maria Corina Machado. Toutefois, l’amnistie ne s’étendra pas aux crimes de sang, aux violations des droits de l’homme ou aux faits de corruption. Le vote final de la loi est prévu pour ce mardi, et Jorge Rodriguez a assuré que les libérations débuteraient « le jour même » de son adoption.

**Des chiffres contestés par les observateurs**

Si le gouvernement affirme avoir déjà procédé à la libération de près de 900 prisonniers politiques, les organisations de défense des droits de l’homme avancent des statistiques bien différentes. L’ONG Foro Penal estime le nombre de libérations réelles à 383 et souligne que près de 680 personnes demeurent incarcérées pour leurs activités politiques.

Amnesty International, tout en saluant ces mesures, reste prudente. L’organisation rappelle que 14 journalistes ont été détenus puis relâchés suite au transfert forcé de Nicolas Maduro et met en garde contre la persistance de l’appareil répressif. Agnes Callamard, secrétaire générale de l’organisation, a par ailleurs qualifié l’opération américaine contre l’ancien président de violation du droit international.

En marge de ces libérations, les autorités vénézuéliennes ont également annoncé la fermeture prochaine d’El Helicoide, une structure carcérale de Caracas tristement célèbre pour les allégations de torture qui y sont associées.

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