Alors que la fête des mères a été célébrée ce week-end dans une grande partie du Moyen-Orient, l’événement a pris une tournure funèbre dans la bande de Gaza. Dans les camps de déplacés, cette journée ravive le souvenir des familles décimées par la guerre.
Selon un reportage de la chaîne Al Jazeera, de nombreuses mères gazaouies passent cette journée dans les cimetières ou dans des tentes de fortune. À Gaza, Em Rami Dawwas a perdu trois de ses fils lors de frappes israéliennes. Les dépouilles de deux d’entre eux sont toujours retenues par les autorités. Entourée des affaires de ses enfants, elle conserve leurs photographies sous son oreiller. D’autres, comme Maram Ahmed, 14 ans, vivent leur deuxième fête des mères sans leur mère, tuée avec le reste de sa famille lors d’un bombardement aérien.
La situation spécifique des femmes a fait l’objet d’un récent rapport d’Amnesty International. Le document détaille les conséquences des conditions de vie imposées aux Palestiniennes depuis le début de la guerre en octobre 2023. L’ONG pointe notamment les déplacements massifs, l’effondrement des soins de santé maternelle et néonatale, ainsi que l’interruption des traitements pour les maladies chroniques.
Les plus jeunes paient également un lourd tribut. Selon une estimation de l’UNICEF publiée à la fin de l’année dernière, 64 000 enfants ont été tués ou blessés dans les attaques israéliennes.
Sur le plan diplomatique et sécuritaire, un accord de cessez-le-feu a été conclu en octobre 2025 entre Israël et le Hamas, deux ans après le début du conflit. Toutefois, les hostilités se poursuivent sur le terrain. Le ministère de la Santé indique que plus de 650 Palestiniens, en majorité des femmes et des enfants, ont perdu la vie dans des frappes depuis l’entrée en vigueur de cette trêve. Depuis le déclenchement de la guerre, le bilan global dépasse les 72 000 morts.