Face aux exigences de la charte de Donald Trump, l’obstacle juridique absolu opposé par l’Italie pour décliner l’adhésion au « Board of Peace »

Le « Board of Peace » initié par le président américain Donald Trump essuie un nouveau refus diplomatique de taille en Europe. Alors que les relations entre la Première ministre Giorgia Meloni et la nouvelle administration américaine affichaient une certaine proximité, l’Italie a officiellement décliné l’invitation à rejoindre cette nouvelle structure internationale. Une décision annoncée par Rome qui ne relève pas d’un choix politique, mais d’une incompatibilité juridique jugée insurmontable par les autorités italiennes.

**Une barrière constitutionnelle infranchissable**

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a confirmé ce week-end l’impossibilité pour son pays d’adhérer à l’organisation. Selon les déclarations rapportées par notre source Al Jazeera, le chef de la diplomatie italienne pointe une contradiction directe entre la charte du « Board of Peace » et la loi fondamentale de son pays.

Le blocage se situe précisément au niveau de l’article 11 de la Constitution italienne. Ce texte stipule que l’Italie ne peut rejoindre des organisations internationales que si celles-ci garantissent des « conditions d’égalité avec les autres États ». Or, la structure proposée par Washington place Donald Trump dans une position de président disposant d’un droit de veto et d’une autorité finale sur l’interprétation des règles. Cette hiérarchie, qui brise le principe d’égalité souveraine entre les membres, rend l’adhésion de Rome légalement impossible.

**Une position partagée en Europe**

L’Italie rejoint ainsi la liste des puissances européennes, incluant la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ayant choisi de se tenir à l’écart de cette initiative controversée. Lancé initialement pour gérer l’après-guerre à Gaza avec l’aval de l’ONU, le conseil a vu son mandat s’élargir considérablement, suscitant des inquiétudes quant à sa volonté de supplanter les Nations Unies.

Outre les questions de souveraineté, le ticket d’entrée constituerait un autre frein majeur. Des rapports indiquent que l’organisation exigerait une contribution d’un milliard de dollars pour l’obtention d’un siège permanent, alimentant les critiques sur une vision transactionnelle de la diplomatie mondiale.

**Maintenir la coopération malgré le refus**

Soucieuse de ne pas froisser son allié américain, Rome a tenu à proposer une alternative concrète. En marge des Jeux Olympiques d’hiver à Milan, Antonio Tajani a rencontré le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le vice-président JD Vance. À l’issue de ces échanges qualifiés de positifs, l’Italie a réaffirmé sa disponibilité pour des initiatives de paix, proposant notamment de former les forces de police à Gaza.

La première réunion du conseil est prévue le 19 février à Washington, au lendemain d’une rencontre programmée entre Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. À ce jour, le site officiel de l’organisation revendique l’adhésion de 26 pays, dont le Qatar et l’Égypte.

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