L’impasse parlementaire en France a conduit à une accélération brutale du calendrier législatif concernant les finances publiques. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a engagé la responsabilité de son gouvernement pour faire adopter le budget 2026, la réponse de l’opposition ne s’est pas fait attendre, matérialisée par une annonce ferme de la présidente du groupe La France insoumise (LFI).
Selon les informations rapportées par Anadolu, Mathilde Panot a confirmé ce mardi que son groupe parlementaire déposerait une motion de censure. Cette décision intervient en réaction directe à l’activation de l’article 49.3 de la Constitution par le chef du gouvernement sur le volet recettes du projet de loi de finances. Pour la députée, interrogée par France Inter, ce recours à une adoption sans vote constitue l’aveu d’un « échec du gouvernement Lecornu ».
L’exécutif, par la voix de son Premier ministre, avait justifié cette manœuvre la veille, évoquant « regret et amertume » face à l’impossibilité de trouver un compromis avec les autres forces politiques. Une explication rejetée par Mathilde Panot, qui accuse le gouvernement d’avoir renié sa promesse d’octobre de ne pas utiliser cette procédure d’exception. Elle anticipe d’ailleurs une répétition du scénario, prévoyant non pas un, mais « trois 49.3 » sur les différentes parties du texte budgétaire.
Au-delà de la méthode, qualifiée d’atteinte à la « dignité du Parlement », c’est le fond du texte qui cristallise les tensions. LFI dénonce un budget jugé « dangereux » et porteur de risques de récession. Les critiques se concentrent notamment sur la fiscalité : malgré une surtaxe sur 300 grandes entreprises acceptée par l’exécutif, l’opposition estime que le dispositif épargne encore trop les ultrariches, s’appuyant sur les travaux de l’économiste Gabriel Zucman.
Dans cette démarche de contestation, LFI entend élargir le front de l’opposition en proposant aux groupes communiste et écologiste de cosigner le texte de censure. De son côté, le gouvernement espère voir le budget promulgué avant la mi-février, arguant du retrait des écologistes et des communistes des négociations pour justifier son passage en force.