L’invalidation des surtaxes douanières de Donald Trump par la Cour suprême des États-Unis a déclenché une riposte immédiate du président américain. Depuis Paris, Emmanuel Macron a réagi à cette nouvelle donne commerciale, appelant à la prudence tout en définissant le cadre de protection des intérêts économiques nationaux.
Vendredi, la plus haute juridiction américaine a rejeté, par six voix contre trois, la politique tarifaire instaurée par Donald Trump. Le président de la Cour, John Roberts, a statué que l’exécutif ne pouvait invoquer la loi d’urgence économique (IEEPA) de 1977 pour imposer ces taxes, rappelant que la Constitution confère ce pouvoir au Congrès. Face à ce qu’il a qualifié de décision « honteuse », Donald Trump a immédiatement signé un décret instaurant un droit de douane mondial de 10 %, assorti de nouvelles enquêtes commerciales, rapporte l’agence Anadolu.
Présent samedi à l’inauguration du Salon de l’agriculture 2026, le chef de l’État français a invité à analyser la situation avant de s’adapter. « Il ne faut pas aller trop vite », a-t-il tempéré, soulignant que les nouveaux tarifs annoncés par son homologue américain sont désormais « plus limités et pour tout le monde ». Loin de condamner le blocage juridique intervenu outre-Atlantique, Emmanuel Macron a salué le fonctionnement institutionnel américain, estimant qu’il est bénéfique de disposer d’un État de droit capable d’évaluer la conformité constitutionnelle des actes politiques.
L’enjeu central pour la France reste la préservation de ses filières d’exportation face au protectionnisme américain, notamment l’agriculture, l’agroalimentaire, le luxe, la mode, les cosmétiques et l’aéronautique. Pour maintenir les parts de marché et poursuivre la réindustrialisation du pays, le président français a posé une condition stricte : les échanges doivent s’opérer selon des règles loyales, fondées sur la réciprocité. Refusant de « subir des décisions unilatérales », il a conclu son intervention en plaidant pour une logique d’apaisement à l’échelle internationale.