L’instabilité mondiale et la course aux armements étaient au cœur des discussions ce samedi lors de la Conférence de Munich sur la sécurité. Alors que les cadres juridiques contraignants s’effritent, le Premier ministre espagnol a pris la parole pour mettre en garde contre une dynamique qu’il juge dangereuse, appelant à un sursaut diplomatique immédiat.
Pedro Sánchez n’a pas mâché ses mots face aux représentants internationaux. Qualifiant la reprise de l’expansion des arsenaux nucléaires d’« erreur historique », le dirigeant espagnol a souligné que les leçons du passé semblaient oubliées. Cette intervention survient dans un contexte précis : l’expiration, le 5 février dernier, du dernier traité limitant les capacités stratégiques des États-Unis et de la Russie, laissant désormais les deux superpuissances sans garde-fou juridique.
**Un coût financier qui interpelle**
Au-delà de l’aspect sécuritaire, c’est l’argument économique qui a marqué les esprits. Selon les données relayées par Anadolu, Pedro Sánchez a mis en lumière le poids financier colossal de cette course à l’armement. Il a révélé que les puissances concernées dépensent collectivement plus de 11 millions de dollars par heure pour maintenir et développer leurs têtes nucléaires.
Les projections pour la décennie à venir sont tout aussi lourdes. Le chef du gouvernement espagnol a cité des experts estimant que les seuls États-Unis investiront 946 milliards de dollars dans ce secteur. Pour illustrer l’ampleur de ce montant, Pedro Sánchez a établi une comparaison directe : cette somme serait « suffisante pour éradiquer l’extrême pauvreté mondiale ».
**L’urgence d’un nouveau cadre**
Pour Madrid, la solution ne réside pas dans une surenchère militaire, surtout à une époque où « l’intelligence artificielle projette une ombre d’incertitude sur le monde entier ». Si la nécessité de renforcer les capacités de défense européennes et de « stopper le président russe Vladimir Poutine » est reconnue, Pedro Sánchez insiste sur la méthode.
Il appelle les nations disposant de l’arme atomique à revenir à la table des négociations pour signer un nouveau traité START. L’objectif est clair : garantir la souveraineté et la sécurité par des mécanismes de contrôle ciblés et maîtrisables, plutôt que par une accumulation d’armes jugée contre-productive.