Les espoirs d’une trêve rapide semblent se heurter à la réalité du terrain. Alors que les négociations de paix parrainées par les États-Unis doivent reprendre la semaine prochaine à Genève, les affrontements ne faiblissent pas. Des frappes de drones meurtrières ont touché les deux camps ces dernières heures, assombrissant le climat diplomatique avant même l’ouverture des discussions.
Ce regain de violence intervient au moment où le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, présent à la Conférence de sécurité de Munich, a mis en lumière les divergences profondes qui persistent entre les parties prenantes.
**Une pression diplomatique assortie d’un calendrier strict**
Si les regards sont tournés vers la rencontre trilatérale de Genève, c’est une déclaration précise du président ukrainien qui retient l’attention sur la stratégie américaine. Selon nos informations, basées sur des propos rapportés par Al Jazeera, Volodymyr Zelenskyy a révélé que les États-Unis avaient fixé une échéance claire aux belligérants : le mois de juin. C’est la date limite donnée par Washington pour parvenir à un accord définitif.
Cette contrainte temporelle s’ajoute à des négociations déjà complexes. Zelenskyy a exprimé ses réserves quant à la méthodologie actuelle, déplorant que les discussions sur les « concessions » ciblent trop souvent l’Ukraine, et non la Russie. « Les Américains reviennent souvent sur le sujet des concessions », a-t-il noté, soulignant l’asymétrie des attentes.
**Scepticisme américain et blocages sur le terrain**
Du côté de l’administration américaine, l’optimisme reste mesuré. Le secrétaire d’État Marco Rubio a admis ne pas savoir si Moscou souhaitait « sérieusement » mettre fin à la guerre, tout en affirmant que Washington continuerait de « tester » cette volonté. Le point d’achoppement majeur demeure la revendication russe d’un retrait total des troupes ukrainiennes de la région de Donetsk, une condition jugée inacceptable par Kiev sans garanties de sécurité occidentales solides.
**Une guerre d’usure aux bilans lourds**
Sur le plan militaire, le conflit, qui s’apprête à entrer dans sa cinquième année, continue de prélever un lourd tribut. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a indiqué à Munich que la Russie subissait des « pertes folles », estimant à environ 65 000 le nombre de soldats russes tués au cours des deux derniers mois seulement.
Les infrastructures civiles ne sont pas épargnées. Zelenskyy a affirmé que toutes les centrales électriques d’Ukraine avaient été endommagées, une situation qualifiée de « terreur énergétique » par le député ukrainien Oleksiy Goncharenko. Ce dernier décrit des conditions de vie extrêmes, avec des températures de moins 20 degrés Celsius à Kiev et des coupures de chauffage, appelant les États-Unis à exercer une « pression réelle » sur Moscou pour transformer ces pourparlers en véritables négociations.