Le bras de fer diplomatique entre Washington et La Havane se déplace désormais sur le terrain logistique, avec des répercussions immédiates pour le secteur aérien. Alors que les tensions autour de l’approvisionnement énergétique de l’île s’intensifient sous la pression de l’administration américaine, les autorités cubaines ont été contraintes d’adopter une mesure d’urgence qui modifie les protocoles des vols internationaux desservant le pays.
Le gouvernement cubain a officiellement notifié que les avions assurant des liaisons internationales ne pourront plus effectuer leur ravitaillement en carburant sur le sol cubain. Cette décision, rapportée par Anadolu, découle directement d’une pénurie de carburant d’aviation, elle-même exacerbée par les récentes menaces du président américain Donald Trump.
La Maison Blanche a en effet brandi la menace de droits de douane punitifs à l’encontre de tout pays qui continuerait à vendre du pétrole à Cuba. Dans un décret signé fin janvier, Donald Trump a qualifié la situation à Cuba de « menace inhabituelle et extraordinaire », justifiant ainsi la déclaration d’une urgence nationale. L’administration américaine pointe du doigt les violations des droits de l’homme et les alliances stratégiques de La Havane avec la Chine, la Russie et l’Iran comme facteurs de déstabilisation régionale.
Selon des sources citées par l’agence EFE, cette incapacité à fournir du kérosène devrait durer environ un mois et affectera l’ensemble des aéroports internationaux de l’île. Les compagnies aériennes opérant vers Cuba doivent donc revoir leur logistique pour assurer leurs rotations sans compter sur les réserves locales.
La dépendance énergétique de l’île rend ces sanctions particulièrement impactantes. Si Cuba parvient à couvrir environ un tiers de ses besoins grâce à sa production nationale, elle reste tributaire des importations pour le reste. Le Mexique, la Russie et le Venezuela — ce dernier fournissant environ 30 % des approvisionnements — constituent les principaux partenaires énergétiques visés par l’avertissement américain.
Au-delà du secteur aérien, le gouvernement cubain a dévoilé un plan d’urgence strict pour faire face à cette crise. Celui-ci inclut la fermeture temporaire de certains hôtels, la réduction des horaires dans l’administration publique et les hôpitaux, ainsi qu’une interdiction de la vente de diesel, dans un effort pour maintenir le fonctionnement du pays sans pétrole brut importé.