En marge de la trêve en Syrie, le poste de haut rang offert aux Kurdes pour acter leur retour dans la République

Un calme précaire tente de s’installer au Moyen-Orient alors que les dynamiques militaires et politiques connaissent une évolution rapide. Au-delà de l’arrêt temporaire des combats annoncé par le gouvernement, c’est une manœuvre politique d’envergure qui attire l’attention des observateurs, visant à redéfinir la place d’une force majeure au sein des institutions étatiques.

Le gouvernement syrien a officialisé un cessez-le-feu de quatre jours avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes. Cette trêve, entrée en vigueur mardi à 20 heures (17h00 GMT), intervient après une série d’avancées rapides de l’armée nationale dans le nord-est du pays, modifiant considérablement les lignes de front.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette pause militaire s’accompagne d’une proposition politique concrète. Damas a explicitement demandé aux FDS de soumettre le nom d’un candidat pour occuper le poste d’assistant du ministre de la Défense. Cette démarche s’inscrit dans une volonté affichée d’intégrer les composantes kurdes directement dans l’appareil d’État syrien, marquant une rupture potentielle avec les années d’autonomie de facto de la région.

Les FDS ont confirmé leur adhésion au cessez-le-feu, précisant qu’elles s’abstiendraient de toute action militaire sauf en cas de légitime défense. Dans un communiqué, l’organisation a affirmé son ouverture aux « voies politiques » et aux solutions négociées, se disant prête à avancer vers la mise en œuvre des accords précédents pour favoriser la stabilité.

Cependant, la réalité du terrain reste volatile. Peu après l’entrée en vigueur de l’accord, les FDS ont signalé des attaques menées par des groupes alliés au gouvernement. Le porte-parole Farhad Shami a fait état de bombardements d’artillerie lourde sur la ville de Zarkan et d’attaques de drones contre la prison d’al-Aqtan, au nord de Raqqa.

Ce réajustement interne se double d’un changement géopolitique majeur. Tom Barrack, l’envoyé américain pour la Syrie, a indiqué que le gouvernement syrien constituait désormais le principal partenaire des États-Unis dans la lutte contre l’EI (Daech), un rôle historiquement dévolu aux FDS. Cette déclaration survient alors que les forces gouvernementales reprennent le contrôle de zones stratégiques, notamment le camp d’al-Hol et les principaux champs pétroliers de Deir Ezzor.

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