La présidence de la République arabe syrienne et les Forces démocratiques syriennes (FDS) viennent de franchir une étape décisive dans la redéfinition de l’équilibre sécuritaire du pays. Si l’annonce officielle met en avant un « terrain d’entente commun » pour une unification des forces, les modalités pratiques de cet accord révèlent un partage du pouvoir bien plus complexe qu’une simple absorption militaire.
Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, cet accord, entré en vigueur ce mardi à 20h00, repose sur une intégration structurelle des forces des FDS au sein de l’appareil d’État. Concrètement, l’ensemble des effectifs militaires et sécuritaires des FDS rejoindra les rangs des ministères de la Défense et de l’Intérieur, ainsi que diverses institutions civiles.
Cependant, cette intégration s’accompagne de concessions politiques notables de la part de Damas. Le commandant des FDS, Mazloum Abdi, se voit attribuer un rôle clé dans la nouvelle architecture administrative : il sera chargé de présenter des candidats pour le poste d’assistant du ministre de la Défense, ainsi que pour celui de gouverneur de Hassaka. L’accord prévoit également la soumission de listes pour assurer une représentation des FDS à l’Assemblée du peuple (Parlement).
Le point le plus sensible de ce pacte concerne le déploiement sur le terrain. Alors que les forces des FDS intègrent le giron national, une restriction géographique majeure a été actée pour les troupes gouvernementales. Damas a précisé que l’armée syrienne n’entrera pas dans les centres-villes de Hassaka et de Qamishli. Les forces régulières resteront positionnées à la périphérie de ces zones urbaines, laissant ainsi une forme d’autonomie sécuritaire locale de facto.
Pour mettre en œuvre ces dispositions, un délai de quatre jours a été accordé aux FDS afin d’élaborer un plan détaillé sur le mécanisme pratique de l’« intégration des zones ». Ce processus marque une tentative inédite de fusionner deux entités militaires rivales tout en maintenant des zones d’influence distinctes.