En cas de présence militaire israélienne au Somaliland, la riposte physique que la Somalie s’engage à activer

La tension diplomatique dans la Corne de l’Afrique vient de franchir un nouveau palier. Alors que la reconnaissance du Somaliland par Israël en décembre dernier avait déjà provoqué l’ire de Mogadiscio, l’hypothèse de l’installation d’une base militaire israélienne dans cette région séparatiste suscite désormais une mise en garde explicite. Le chef de l’État somalien a profité d’une tribune internationale pour définir précisément la réaction de son pays si ce projet venait à se concrétiser.

Dans un entretien exclusif accordé à Al Jazeera, le président Hassan Sheikh Mohamud a posé une ligne rouge absolue concernant l’intégrité territoriale de la Somalie. Au-delà de la simple condamnation diplomatique, il a évoqué l’usage de la force pour empêcher toute implantation étrangère non autorisée.

**Une promesse de confrontation directe**

Interrogé sur la possibilité qu’Israël établisse une base au Somaliland — une région stratégique située sur l’une des routes maritimes les plus critiques au monde —, le président somalien s’est montré catégorique. Selon lui, son pays « ne permettra jamais » une telle initiative.

« Nous nous battrons avec nos moyens. Bien sûr, nous nous défendrons », a-t-il déclaré au média qatari. Hassan Sheikh Mohamud a précisé que cette défense impliquait une opposition physique : « Cela signifie que nous affronterons toutes les forces israéliennes qui entreront, car nous sommes contre cela et nous ne le permettrons jamais. »

Cette déclaration intervient alors que des rumeurs persistantes, relayées par certains médias internationaux, évoquent des discussions entre Tel-Aviv et Hargeisa (capitale du Somaliland). Bien que les deux parties aient nié tout projet de déplacement forcé de populations palestiniennes vers cette zone, un officiel du Somaliland avait confié en janvier à une chaîne israélienne que la question d’une base militaire était « sur la table ».

**Un contexte régional explosif**

La colère de Mogadiscio trouve sa source dans la décision du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en décembre, de reconnaître le Somaliland comme un État indépendant. Cette région, qui a fait sécession de la Somalie au début des années 1990 après une guerre civile dévastatrice, jouit d’une stabilité relative et possède ses propres institutions, mais sa souveraineté n’est reconnue par presque aucun autre État.

Pour le président Mohamud, cette reconnaissance israélienne constitue une « action imprudente, fondamentalement fausse et illégale au regard du droit international ». Il estime que cette ingérence menace non seulement la stabilité de la Corne de l’Afrique et de la mer Rouge, mais affaiblit également l’ordre mondial établi.

« La force fait loi remplace de plus en plus le respect du droit international », a-t-il déploré, soulignant que les institutions créées après la Seconde Guerre mondiale sont aujourd’hui « gravement menacées ».

**L’ombre des États-Unis**

Si le dirigeant du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, a salué le rapprochement avec Israël comme un gage de stabilité, la position des grandes puissances reste scrutée. Les États-Unis n’ont pas officiellement changé de doctrine, mais une déclaration du président Donald Trump en août dernier laisse planer le doute.

Interrogé sur ce dossier complexe lors d’une conférence de presse, Donald Trump avait suggéré qu’un changement pourrait être à l’étude : « C’est un autre dossier complexe, mais nous y travaillons — le Somaliland. » Une petite phrase qui, ajoutée aux velléités israéliennes, maintient Mogadiscio en état d’alerte maximale.

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