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Elections FSF: “Le triomphe de la magouille” (Par Serigne Saliou Gueye)

Ce que tous les Sénégalais attendaient avec tristesse est arrivé ce samedi 7 août 2021. En effet, Augustin Emmanuel Senghor, président de l’US Gorée, vice-président à la CAF, maire de Gorée, adjoint au maire de la Ville de Dakar, membre de l’Acnoa, a remporté l’élection présidentielle organisée par la Fédération sénégalaise de football sans gloire.

Ainsi pour une première dans notre foot, un président va le diriger pendant 16 ans, sans rien remporter. Et qu’on ne se leurre pas, aucun miracle ne se produira pendant ces années à venir, ni au plan continental ni au plan international dans ce pays où il n’existe plus de stade. Je ne joue pas aux Cassandre. Je me fonde sur l’expérience du passé.

Cartel de carriéristes, d’affairistes, de pouvoiristes
Sur les 453 voix qui se sont exprimées, 326 voix sont allées dans l’escarcelle de Senghor, tandis que son challenger Mady Toure récolte la portion congrue de 123 voix. Quatre bulletins nuls ont été enregistrés. Ayant obtenu plus des 2/3 (299) des voix, Augustin, la queue basse, passe au premier tour avec toutes les manœuvres afférentes.

Tout le monde avait présagé que la victoire de Senghor n’était qu’une formalité en aval, mais en amont tout était concocté par ses soutiens pour lui assurer une victoire sans péril. Aussi Senghor triompha-t-il sans gloire ce samedi 7 août 2021, jour de deuil du football sénégalais. Oui le coup de grâce vient d’être donné au foot sénégalais par les charognards qui l’entourent et qui le sucent depuis 2009.

Cette victoire au goût amer d’une défaite doit faire honte à ses vainqueurs. Ce qui est inacceptable, c’est qu’un cartel de carriéristes, d’affairistes, de pouvoiristes cumulards s’est emparé de notre football pour assouvir des intérêts personnels et non servir l’intérêt national. Tout un système a été mis en place pour ne faire place qu’aux hommes du système, le système piégé du sport-roi. Qui sont toutes ces personnes qui ont droit aux votes ? Il est inadmissible que ceux-là qui ne jouent aucun rôle prééminent dans notre puisse polariser l’essentiel de l’électorat qui doit décider des décideurs de notre foot.

La vitrine du foot national est incarnée par la Ligue Pro 1 et dans une moindre mesure, la Ligue Pro 2. Et ces dernières ne disposent que de 70 dans le concert des 458 voix devant élire le président de la fédé. Les 388 dominés par les clubs des ligues de foot amateur (3e et 4e divisions), les ligues régionales et les districts, les ligues féminines. Dans ces structures où se situe la mafia qui permet aux fédéraux de se maintenir en place, le système qui leur assure sans danger la réélection. Il y a un manque réel de transparence sur l’administration des clubs surtout de division régionale ou les districts.

Une enquête nous a permis de savoir que plusieurs de ces clubs ne sont même pas régulièrement affiliés à la fédération et les votants venant des clubs des districts ou des ligues régionales affiliés n’ont pas même reçu l’aval de leurs structures. Il est établi que ces clubs dépourvus de moyens sont aujourd’hui sous la coupe du président de la Ligue de foot amateur, Abdoulaye Sow. Les ligues régionales, les districts, les Nationales 1 et 2 (3e et 4e divisions) sont sa chasse gardée et son grenier électoral. Avant d’aller à l’élection, l’équipe sortante était sure de sa victoire éclatante et ne s’est même pas empêchée de le déclarer urbi et orbi.

La voie était donc toute tracée pour une réélection sans ronce ni épine. Ce n’est pas un programme qui a été à la base de la reconduction de Senghor, parce que ce dernier n’en a jamais eu depuis sa première élection en 2009 devant Malick Gakou. A l’époque, si la main souterraine du régime politique du Président de la République Abdoulaye Wade n’était pas influenceuse, Malick Gakou, membre de l’AFP, parti d’opposition, allait diriger les rênes de notre sport roi.

Mais la politique prit le dessus sur le sport, nonobstant les mises en garde de la Fifa. Depuis cette tare électorale congénitale, la bande de Senghor, d’Abdoulaye Sow, de Lamotte et de Saer Dièye Seck s’est constituée et solidifiée dans le temps, même si sporadiquement, on a constaté quelques ébréchures au sein du groupe. Avec le maintien de système nébuleux, aucune possibilité pour un « étranger » d’occuper un poste au sein des structures dirigeantes de notre foot.

Aujourd’hui, Saer Seck a quitté son poste de la ligue parce qu’il a été piégé par Augustin Senghor. En déclarant ne plus briguer la présidence de la ligue pro de foot, Saer espérait un retrait de Senghor de la présidence de la fédération, tel qu’il l’avait déclaré en 2017. In fine, Senghor fait son « wakh wakhète ». Djibril Wade étant déjà positionné pour remplacer Saer, ce dernier ne pouvait plus revenir sur sa décision de partir de la tête de la Ligue, comme Senghor l’a fait toute honte bue.

Manœuvres et calculs mesquins
Au sein de ces structures de football, c’est le règne des manœuvres et des calculs mesquins. Augustin a décidé de se maintenir à la tête de la fédé, malgré ses douze années de défaites et de déboires, uniquement pour assouvir un intérêt personnel : ne pas fragiliser sa place de premier vice-président de la Confédération africaine de football (CAF) et se donner toutes les chances pour rempiler à la CAF. Et pourquoi pas briguer la présidence de la CAF, le jour où l’actuel patron de ladite structure, Patrice Motsepe, se retirera ou sera retiré par la Fifa.

Abdoulaye Sow pense lui aussi à son avenir dans le foot. En dépit du dégagisme prôné par ses adversaires, des récriminations sur son cumul de poste (ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique, président de la Ligue de Kaffrine, président de l’Asc Kaffrine, président de la Ligue de football amateur, vice-président de FSF…) il tient fermement à ses loukoums.

Aussi travaille-t-il à remplacer dans le futur, Senghor à la tête de la fédé. La vie au sein d’un ministère ne tient qu’à un bout de fil. Mais la vie au sein de l’instance fédérale, c’est au moins quatre ans avec la ferme probabilité de rempiler. Aujourd’hui, Saer Seck n’a plus de crédibilité aux yeux des Sénégalais, parce qu’il a quitté le faux consensus au moment où les carottes étaient déjà cuites. Mbaye Diouf Dia a préféré se ranger honteusement derrière son principal adversaire de 2017.

Aujourd’hui, dire aux Sénégalais que l’unicité de la candidature autour de la personne de Senghor résulte consensuellement d’une fusion des programmes n’est que mensonge, parce que les vainqueurs de Mady Touré n’ont jamais dévoilé une seule ligne de leur soi-disant programme. Le patron de Génération Foot seul avait par-devers lui un programme qui malheureusement, faute d’une campagne médiatique catastrophique, n’a pas été accessible à la majeure parties des Sénégalais. Et c’est un des péchés qui ont aggravé la défaite de Mady Touré.

Sa campagne médiatique a été catastrophique. Son programme, il ne l’a jamais dévoilé dans les média mainstream, ni dans les quotidiens de la place, ni dans les plateformes digitales. Il devait s’appuyer sur les nouvelles technologies pour vendre son rêve. Malheureusement par naïveté, les soutiers de Senghor l’ont embarqué dans un pseudo-consensus qui l’a éloigné du public et qui lui a fait perdre beaucoup de temps.

Etant donné que Senghor, Mbaye Diouf Dia et Saer n’avaient de programmes, il ne fallait jamais accepter cette main consensuelle empoisonnée. Contre vents et marée, le patron de Génération Foot devait être en campagne au moins six mois avant la tenue de l’élection, aller dans toutes les régions et tous les districts où la fraude à grande échelle se prépare. Mady Touré est allé en élection sans avoir une maîtrise du fichier, sans savoir quels sont les clubs qui ne sont pas en situation régulière pour participer.

Aujourd’hui, il y a des clubs qui ne sont dépoussiérés que pendant les élections au niveau régional, national ou fédéral. Donc leur existence est assujettie à leur voix électorale. Pour déboulonner un tel système, il faut le planifier sur plusieurs années car cette œuvre ou manœuvre de tant d’années ne peut être déboulonnée en quelques semaines. Cela demande de l’endurance, de la persévérance et de l’intelligence.

Dans ses promesses, Augustin promet de réformer les textes fédéraux, mais cela ne touche pas le mode d’élection et la non-limitation des mandats dont il jouit présentement. C’est seulement l’ouverture du Comex aux autres professions comme les entraîneurs qui n’y sont pas encore présents. En réalité, c’est pour densifier et fidéliser davantage un électorat apprivoisé parce que chaque membre du Comex a un os à ronger.

La reddition des comptes, le ventre mou de la Fédé
La reddition des comptes est un sujet tabou au sein de la fédération. Jamais un bilan financier n’est présenté aux Sénégalais pour leur dire à quoi ont servi les milliards récoltés de la CAF, de la Fifa lors de la dernière Coupe du monde et des fonds forward alloués annuellement par la structure mondiale du football. Pourtant il serait convenant que la Cour des comptes fouine la gestion de Senghor.

Aujourd’hui, des citoyens sénégalais volontaristes regroupés dans un Comité de défense du football sénégalais (CODEFS) exigent la transparence dans la gouvernance du football. C’est donc dire que la gestion du football est une affaire nationale pour être laissée entre les mains d’une bande de prédateurs dont les échecs répétés constituent aujourd’hui leur seul palmarès.

Des ratées à la CAN, à la Coupe du monde alors que le Sénégal a l’une des meilleures équipes du monde. Il faut ajouter à ces « hauts » faits d’Augustin et de sa bande, la médiocrité ambiante et constante. Augustin, président de l’US Gorée, son club est sauvé de la relégation la dernière journée, Niary Tally descend en Ligue Pro 2, alors que son président, Djibril Wade, dirige la Ligue 1 Pro. Mbour Petite Côte de Mbaye Diouf Dia est envoyé au purgatoire par Gorée depuis la dernière journée. L’Asc Kaffrine d’Abdoulaye Sow patauge en Nationale1.

Et le scandale, c’est la victoire de Diambars (à égalité de points avec Génération Foot) sur le CNEPS de Thiès de Pape Sidy Lo, membre du Comex de la Fédé, par 5 buts à 0 lors de la dernière journée. Et c’est cette victoire douteuse pour ne pas dire scandaleuse qui a placé son équipe, Diambars, en 2e position. Du coup Génération Foot de Mady Touré qui était en 2e se retrouve en 3e, du fait du goal-average favorable à Diambars.

Jamais CNEPS Excellence n’a perdu par 4 buts d’écart lors de la saison qui vient connaitre son terme. D’ailleurs, à l’aller, CNEPS et Diambars se sont quittés sur un score neutre de 1/1. Mady Touré a été battu par une bande de tripatouilleurs invétérés, mais les Sénégalais lui ont donné la victoire du renouveau, de la transparence et de la rupture. Et ce sont ces Sénégalais qui leur barreront la route durant tous ces quatre ans de mandat illégitimes.

Serigne Saliou Gueye, Le Témoin

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