Drame ferroviaire près de Cordoue : au-delà du lourd bilan humain, le détail technique qui rend l’accident « extrêmement étrange » aux yeux des autorités

C’est une soirée noire pour l’Espagne qui replonge le pays dans le souvenir douloureux des catastrophes ferroviaires passées. Alors que les services d’urgence s’activent encore autour des carcasses d’acier en Andalousie, le gouvernement espagnol fait face à un bilan humain très lourd suite à un incident survenu sur une ligne à grande vitesse. Au-delà de l’urgence médicale, les premières observations sur les lieux du drame soulèvent une interrogation technique majeure concernant l’état des infrastructures.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, au moins 39 personnes ont perdu la vie lundi soir dans la province de Cordoue. Le drame s’est noué aux alentours de 19h40 (heure locale), près de la ville d’Adamuz, impliquant deux trains à grande vitesse. Le bilan provisoire fait également état de plus de 100 blessés, dont cinq se trouvent dans un état critique et 24 autres, incluant quatre mineurs, sont grièvement atteints.

**Une mécanique de l’accident complexe**

Les premiers éléments de l’enquête, relayés par les autorités régionales et le quotidien El Pais, décrivent un scénario en deux temps. Un premier convoi, assurant la liaison entre Malaga et Madrid, a déraillé avant d’empiéter sur la voie adjacente. Cette sortie de voie a provoqué une collision immédiate avec un second train circulant en sens inverse vers Huelva. L’impact a été tel que deux voitures ont été projetées en bas d’un talus de quatre mètres, rendant l’accès particulièrement difficile pour les secours.

Face à l’ampleur de la tragédie, le Premier ministre Pedro Sanchez a décrété trois jours de deuil national. « Nous allons découvrir la vérité, nous connaîtrons la réponse, et lorsque nous la saurons, nous la ferons connaître au public avec une transparence et une clarté absolues », a assuré le chef du gouvernement, qui a annulé l’ensemble de son agenda politique.

**Une zone pourtant récemment rénovée**

C’est sur les causes de l’accident que l’attention se cristallise désormais. Le ministre des Transports, Oscar Puente, a qualifié l’événement d’« extrêmement étrange ». Cette perplexité officielle s’explique par la configuration des lieux : l’accident s’est produit sur une section de voie rectiligne, ne présentant aucune difficulté apparente, et qui avait fait l’objet d’une rénovation complète en mai dernier.

Une commission indépendante a été mandatée pour déterminer si l’origine du sinistre est liée à une défaillance de cette infrastructure récente ou à un problème sur le matériel roulant. En attendant, le trafic ferroviaire entre Madrid et plusieurs villes majeures d’Andalousie, dont Séville et Malaga, reste totalement suspendu.

Ce drame résonne particulièrement en Espagne, rappelant l’accident de 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle, où le déraillement d’un train à grande vitesse avait causé la mort de 79 personnes. À l’international, le président français Emmanuel Macron a tenu à exprimer la solidarité de la France envers le peuple espagnol.

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