Un incendie dévastateur survenu dans un bar de la station de ski de Crans-Montana, en Suisse, lors des célébrations du Nouvel An, a coûté la vie à au moins 40 personnes. Ce drame, qui a également fait de nombreux blessés, a déclenché une enquête judiciaire immédiate mettant en cause la sécurité de l’établissement et la responsabilité des exploitants.
Le sinistre a révélé une série de dysfonctionnements graves au sein de l’établissement situé dans le canton du Valais. Selon les premiers éléments recueillis et les témoignages, des cierges pyrotechniques fixés sur des bouteilles de champagne seraient à l’origine du feu. Les flammes se seraient propagées à une vitesse fulgurante via des matériaux d’isolation phonique décrits comme bon marché et hautement inflammables. Comme le rapporte l’agence Anadolu, l’incident a mis en lumière plusieurs manquements critiques, notamment des issues de secours dissimulées ou obstruées par du mobilier, ce qui a empêché l’évacuation rapide des clients pris au piège.
Le bilan humain est particulièrement lourd et suscite une vive émotion, d’autant plus que de nombreux mineurs figuraient parmi les victimes, alors que l’établissement servait de l’alcool sans contrôle strict. Si les autorités suisses ont confirmé l’identification de 40 corps rendus aux familles et recensé 119 blessés, une divergence subsiste sur les chiffres, le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani ayant pour sa part communiqué un bilan de 47 morts. Les hôpitaux de la région, saturés, ont dû faire face à un afflux massif de victimes en soins intensifs.
Sur le plan judiciaire, le ministère public du canton du Valais a réagi avec fermeté. La procureure Beatrice Pilloud a annoncé l’ouverture d’une enquête pénale pour homicide volontaire, blessures par négligence et incendie par négligence à l’encontre des deux propriétaires. L’un des directeurs du bar posséderait par ailleurs un casier judiciaire en France pour des faits d’escroquerie et de proxénétisme remontant à vingt ans. Face à l’ampleur de la tragédie, le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, a déclaré qu’il y aurait un « avant et après Crans-Montana », appelant à une révision totale des règles de sécurité incendie.