Drame de Crans-Montana en Suisse : le protocole de suppression automatique qui a devancé les réquisitions de la justice

Le bilan humain est lourd à Crans-Montana, en Suisse, après l’incendie survenu dans un établissement de nuit lors du passage à la nouvelle année. Alors que les autorités cherchent à établir les circonstances exactes du sinistre qui a fait 40 morts, une contrainte technique majeure vient compliquer le travail d’investigation concernant les preuves visuelles.

L’enquête sur le drame du bar Le Constellation, ravagé par les flammes durant la nuit de la Saint-Sylvestre, se heurte à un obstacle matériel irréversible. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu et plusieurs médias locaux, une partie cruciale des enregistrements de vidéosurveillance de la commune a été définitivement perdue. Ce vide documentaire prive les enquêteurs d’éléments contextuels déterminants sur les heures précédant la tragédie.

Un effacement dicté par le système

Le nœud du problème réside dans la gestion automatisée des données de la ville. D’après les éléments communiqués par la police cantonale dans un courrier daté du 22 janvier, le dispositif de surveillance est programmé pour supprimer les fichiers après un délai strict de sept jours. Cette configuration par défaut a eu une conséquence directe sur l’enquête : les images captées durant la journée et la soirée du 31 décembre ne sont plus accessibles.

Seules les séquences enregistrées entre minuit et 6 heures du matin, le 1er janvier, ont pu être sécurisées et versées au dossier. Tout ce qui précède ce créneau horaire a été écrasé par le système avant d’avoir pu être extrait.

Chronologie des réquisitions judiciaires

La perte de ces données intervient malgré plusieurs tentatives des procureurs pour sécuriser les preuves. Une première demande globale avait été formulée dès le 1er janvier pour sauvegarder les images aux abords du lieu du drame, mais sans préciser de créneau horaire spécifique. Des requêtes ultérieures, plus ciblées, ont été émises les 5 et 15 janvier, couvrant explicitement la période allant du 31 décembre à 23 heures jusqu’au petit matin.

Toutefois, en raison du délai de conservation limité à une semaine, ces précisions sont arrivées alors que le processus de suppression automatique avait déjà fait son œuvre pour la date du 31 décembre.

Les conséquences pour l’enquête

Cette perte de données limite le champ d’analyse des autorités. Les enquêteurs ne pourront pas visionner l’affluence autour de l’établissement avant minuit, ni observer les horaires d’arrivée des clients ou d’éventuels mouvements suspects près des issues de service avant le déclenchement de l’incendie.

Face à cette impasse sur la vidéosurveillance municipale, les investigations se réorientent vers d’autres sources potentielles. L’attention se porte désormais sur les caméras des commerces voisins ainsi que sur le système interne du bar. Concernant ce dernier, le propriétaire a indiqué que l’image s’était figée à 1h23 du matin, soit trois minutes avant le départ de feu. Le ministère public tente actuellement de récupérer l’intégralité de ces données internes pour pallier le manque d’images extérieures.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire