Dissimulée derrière des importations légales, l’ampleur exacte de la saisie réalisée par Europol lors d’une opération historique contre le trafic de synthèse

Forces de l’ordre mobilisées à travers six pays, enquête d’une année et démantèlement d’une infrastructure industrielle : les autorités européennes viennent de porter un coup d’arrêt sans précédent à la production de drogues synthétiques sur le continent. Ce vaste coup de filet, coordonné par l’agence européenne de police, a permis de mettre au jour une chaîne d’approvisionnement sophistiquée qui s’étendait de l’Asie jusqu’au cœur de l’Europe centrale.

Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, cette opération qualifiée d’historique par les enquêteurs a abouti à la saisie de plus de 9,3 tonnes de stupéfiants. Les procureurs polonais ont confirmé ce mercredi l’arrestation de plus de 100 suspects impliqués dans ce réseau criminel tentaculaire. L’organisation ciblée avait établi sa base logistique en Pologne tout en opérant à travers l’Union européenne.

L’enquête a révélé un mode opératoire basé sur le détournement de circuits commerciaux légaux. Les criminels importaient de grandes quantités de produits chimiques depuis la Chine et l’Inde. Une fois sur le sol européen, ces substances étaient reconditionnées et mal étiquetées pour être redistribuées vers des laboratoires clandestins. Au total, environ 1 000 tonnes de produits chimiques précurseurs, destinés à la fabrication de drogues telles que la MDMA, l’amphétamine et la méthamphétamine, ont été interceptées.

Andy Kraag, chef du Centre européen contre la grande criminalité organisée d’Europol, a souligné l’ampleur inédite de l’intervention. Il évoque « de loin la plus grande opération jamais menée contre la production et la distribution de drogues synthétiques ». L’action policière a permis le démantèlement de 24 laboratoires à l’échelle industrielle.

Les investigations, lancées en 2024 suite à des mouvements suspects de produits chimiques repérés par la police polonaise, ont nécessité la collaboration des forces de l’ordre de Belgique, de République tchèque, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Pologne et d’Espagne. Si la majorité des personnes interpellées, y compris deux chefs présumés du réseau, sont de nationalité polonaise, des ressortissants belges et néerlandais figurent également parmi les suspects.

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