D’ici 2029, le gouvernement exige ce niveau de contribution spécifique des PME pour inverser la courbe de l’informel

Fruit d’une série de concertations menées à Dakar et dans les régions, la nouvelle stratégie de développement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) est désormais finalisée. Ce document cadre, qui doit être prochainement soumis au Conseil des ministres, s’inscrit dans l’Agenda « Sénégal 2050 » et définit une trajectoire de rupture pour restructurer l’économie nationale autour d’objectifs de performance inédits.

Le diagnostic posé par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, met en lumière une réalité structurelle lourde : 97 % des entreprises sénégalaises évoluent encore dans l’informel. Pour la tutelle, l’urgence est de transformer ces entités en structures compétitives, capables de s’insérer dans les chaînes de valeur et de créer des emplois durables. Cette vision, relayée par nos confrères d’IGFM, entend faire des PME l’ossature réelle de l’économie, au-delà de leur simple présence numérique dans les terroirs.

Une feuille de route chiffrée à l’horizon 2029

Pour matérialiser cette ambition, le secrétaire d’État au Développement des PME, Ibrahima Thiam, a détaillé les indicateurs précis que le gouvernement entend atteindre d’ici cinq ans. La stratégie vise une augmentation de 10 points de la contribution des PME au Produit Intérieur Brut (PIB). Parallèlement, l’État se fixe pour mission de réduire de moitié le poids du secteur informel grâce à un vaste programme de régularisation et d’accompagnement.

Le plan prévoit également de tripler l’encours de crédits alloués aux paiements et aux PME, avec l’objectif affiché de faire émerger « plus de 100 nouveaux champions » nationaux capables de conquérir les marchés régionaux et internationaux, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale (ZLECAf).

L’appel au secteur bancaire

La réussite de ces 25 projets prioritaires repose sur une refonte des mécanismes de financement. Serigne Guèye Diop a directement interpellé les banques, pointant leur réticence actuelle à soutenir le tissu entrepreneurial local. Le ministre plaide pour l’abandon des logiques de court terme au profit de crédits longs, étalés sur 10 à 15 ans, des conditions jugées indispensables pour permettre aux entreprises de prendre des risques et d’innover.

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