Détention aux USA : Après son transfert médical d’urgence, le mur de silence opposé aux avocats de Leqaa Kordia

Détenue depuis mars dernier par les services de l’immigration américaine (ICE), Leqaa Kordia est au cœur d’une situation alarmante au Texas. Alors que cette ressortissante palestinienne, arrêtée dans le sillage des manifestations de l’université Columbia, a subi un grave malaise nécessitant une évacuation sanitaire, son entourage se heurte depuis vendredi à une opacité administrative totale concernant sa localisation précise.

L’incident est survenu vendredi matin au centre de détention de Prairieland, à Alvarado. Selon les informations communiquées par son cousin Hamzah Abushaban à Al Jazeera, la jeune femme de 33 ans a fait une chute dans les sanitaires de l’établissement, se cognant la tête avant d’être prise de convulsions. Une situation d’urgence qui a entraîné son transfert immédiat vers une structure hospitalière externe.

Cependant, depuis cette évacuation, une incertitude lourde pèse sur son état de santé réel. Ses avocats et sa famille affirment n’avoir reçu aucune information sur l’hôpital où elle a été admise. Malgré des appels passés à tous les établissements médicaux des environs, ses proches n’ont pas réussi à la localiser. Dans un communiqué publié samedi, sa défense exige des réponses du Département de la Sécurité intérieure, soulignant qu’ils ignorent si et comment les services de l’immigration assureront son suivi médical à sa sortie de l’hôpital.

La dernière détenue du mouvement de Columbia

Le cas de Leqaa Kordia revêt une dimension particulière aux États-Unis. Elle demeure à ce jour la seule personne encore en détention parmi celles interpellées en lien avec les manifestations pro-palestiniennes du campus de l’université Columbia. Bien qu’elle n’ait jamais été étudiante dans cet établissement ni une figure politique active, elle avait rejoint le mouvement pour protester contre la guerre à Gaza, conflit durant lequel elle affirme avoir perdu plus de 200 membres de sa famille.

Son arrestation remonte au 13 mars 2025. Alors qu’elle se présentait à une convocation qu’elle croyait de routine au siège de l’ICE dans le New Jersey, elle a été placée en détention et transférée à plus de 2 400 kilomètres de là, au Texas. Les autorités fédérales justifient cette mesure par une violation des règles d’immigration, arguant que son visa étudiant avait expiré en 2022. Ses avocats soutiennent pour leur part qu’elle est ciblée spécifiquement pour son activisme, dans un contexte où l’administration Trump a durci le ton face aux mouvements de contestation sur les campus.

Des conditions de détention décriées

Avant son hospitalisation, les conditions d’incarcération de la trentenaire avaient déjà soulevé de vives inquiétudes. Amnesty International et plusieurs élus démocrates ont dénoncé des traitements jugés inhumains. Le représentant de l’État, Salman Bhojani, a rapporté que le dortoir de Kordia comptait 60 matelas entassés dans un espace prévu pour 20 personnes.

La jeune femme a elle-même décrit son quotidien dans une tribune, évoquant des nuits passées sur un matelas au sol, entourée de cafards, et l’absence d’intimité due aux irruptions fréquentes de gardiens masculins, en violation de ses obligations religieuses. L’accès à une alimentation halal lui aurait également été refusé à plusieurs reprises, entraînant une perte de poids significative. Si elle venait à être expulsée du territoire américain, Leqaa Kordia serait remise aux autorités israéliennes.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire