Après une interruption de huit mois marquée par de vives tensions régionales, Téhéran et Washington ont renoué le contact diplomatique dans le Sultanat d’Oman. Si les premiers échanges sont qualifiés de positifs par la partie iranienne, le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, insiste sur une condition immatérielle mais indispensable pour transformer cette tentative en accord concret.
La diplomatie nucléaire et les discussions bilatérales entre l’Iran et les États-Unis ont repris ce vendredi à Mascate. Ce retour à la table des négociations intervient dans un contexte international complexe, où les canaux de communication directs s’étaient raréfiés.
Un climat constructif mais prudent
À l’issue de ce cycle de discussions, Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a livré une première évaluation aux médias d’État iraniens. Selon les propos rapportés par l’agence Anadolu, le diplomate a qualifié cette rencontre de « bon début », estimant qu’elle pouvait « également connaître une bonne suite ». Toutefois, cette dynamique reste conditionnée par l’attitude de la partie adverse et les décisions qui seront validées à Téhéran.
Les deux délégations, qui ont convenu de poursuivre le processus, doivent désormais regagner leurs capitales respectives pour des consultations avant de fixer une date ultérieure pour de nouvelles réunions à Mascate.
L’obstacle majeur de la confiance
Au-delà de la reprise technique du dialogue, Abbas Araghchi a mis en lumière le véritable verrou qui pèse sur ces négociations. Il a souligné que les deux nations sortent de huit mois turbulents, incluant des conflits armés, ce qui a considérablement alourdi le passif entre les deux États.
Pour le ministre, la priorité absolue n’est pas encore technique, mais psychologique. « La profonde méfiance qui s’est accumulée au cours de cette période, s’ajoutant à la méfiance antérieure, présente un défi majeur pour les négociations », a-t-il noté. L’objectif premier fixé par l’Iran est donc de surmonter cette « atmosphère de méfiance qui prévaut » avant même d’envisager la conception d’un cadre d’accord formel garantissant les intérêts du peuple iranien.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a confirmé sur le réseau social X que les parties avaient profité de cette rencontre pour exposer leurs exigences respectives, sans toutefois entrer dans les détails des points d’achoppement.