La Turquie marque une avancée significative dans le domaine de la défense en mettant au point une solution pionnière contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN). Ce dispositif, reposant sur l’utilisation de drones pour la décontamination active, constitue une première mondiale et rejoint les équipements de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
Jusqu’à présent, l’usage des drones dans ces environnements hostiles se limitait essentiellement à l’observation et à la détection. La société turque Zerone Dynamics change la donne avec le « PUHU-KBRN », un appareil capable de passer à l’exécution opérationnelle. Ce système peut transporter 25 kilogrammes de produits décontaminants homologués, couvrir un rayon de 10 kilomètres pour neutraliser la menace et retourner à sa base en totale autonomie. Doté d’intelligence artificielle et de systèmes de communication multi-bandes, le drone reste opérationnel même sous brouillage électronique ou dans des conditions difficiles comme la pluie et la poussière.
Cette innovation transforme la doctrine des opérations CBRN en supprimant l’exposition humaine lors des phases les plus critiques. Murat Kanber, cofondateur de l’entreprise, a précisé à l’agence Anadolu que cette technologie permet « d’éloigner totalement les éléments humains des zones à haut risque ». Auparavant, si les drones effectuaient la reconnaissance, les équipes spécialisées devaient intervenir physiquement pour la décontamination, phase jugée la plus dangereuse pour le personnel.
Ce développement technologique s’inscrit dans une stratégie globale de renforcement des capacités nationales. Dans une démarche similaire visant l’indépendance technologique, la Turquie étend également son influence dans le secteur aérospatial avec des projets d’infrastructures à l’étranger.




